
La Liga accuse la FIFA de détruire le football et exige la démission d’Infantino
Javier Tebas dénonce le projet de Coupe du monde à 64 équipes et un système « vicié à la racine », tout en pointant l’ingérence politique dans la suspension d’un joueur américain.
Dans un entretien accordé au quotidien italien La Gazzetta dello Sport, le président de la Liga espagnole, Javier Tebas, a accusé la Fédération internationale de football association (FIFA) de « détruire l’industrie du football » et a appelé son président, Gianni Infantino, à quitter ses fonctions. Selon lui, le dirigeant suisse, à la tête de l’instance depuis une décennie, s’appuie sur un « système fondamentalement vicié » qui lui permet de se maintenir malgré une opposition diffuse mais inopérante. « Son temps est révolu », a-t-il déclaré, tout en reconnaissant qu’aucun candidat d’opposition ne se présente, personne ne souhaitant « se présenter pour perdre ».
La charge de M. Tebas vise en particulier les discussions, évoquées par Gianni Infantino lors de la cérémonie d’ouverture du Mondial en juin, sur un élargissement de la Coupe du monde à 64 équipes pour l’édition du centenaire en 2030. Cette compétition sera co-organisée principalement par l’Espagne, le Portugal et le Maroc, avec quelques matchs au Paraguay, en Uruguay et en Argentine. Le responsable espagnol juge ce projet « irresponsable » et contraire aux intérêts des championnats nationaux, qui « maintiennent ce sport en vie ». Il affirme que la FIFA sacrifie une industrie générant des dizaines de milliers d’emplois pour un événement de quarante jours auquel ne participe qu’une minorité de joueurs.
M. Tebas a également mis en cause la gestion par la FIFA de la suspension de l’attaquant américain Folarin Balogun, levée après une intervention du président Donald Trump. Il estime que si la Belgique n’avait pas éliminé les États-Unis en huitièmes de finale, l’affaire « aurait pu coûter son poste à Infantino ». Cette décision, qualifiée de « très grave », illustre selon lui un mode de gouvernance où l’instance « règle les choses comme elle veut, selon ses intérêts, et certainement pas pour le football ». L’absence du président de l’UEFA, Aleksander Čeferin, à la finale du Mondial, en raison de désaccords avec la FIFA sur ce dossier et d’autres sujets disciplinaires, souligne les tensions croissantes entre les deux organisations.
En dépit des critiques, Gianni Infantino, qui a annoncé en avril son intention de briguer un quatrième mandat, conserve un large soutien parmi les fédérations nationales. Le vote pour la période 2027-2031 est prévu lors du congrès de la FIFA en mars prochain au Maroc. M. Tebas déplore que de nombreux opposants se contentent de critiques privées sans agir, ajoutant : « Je ne sais pas ce qui est pire, le silence ou la complicité, car ceux qui se taisent sont parfaitement conscients du mal que subit le football. »
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