
La nouvelle menace douanière de Trump ravive les tensions transatlantiques et fragilise l'industrie européenne
L’annonce, tardive et brutale, faite par Donald Trump sur sa plateforme Truth Social a jeté une ombre supplémentaire sur les relations transatlantiques. Le président américain menace d’imposer un droit de douane de 25 % sur les automobiles, leurs composants et les camions importés de l’Union européenne, contre 15 % actuellement. Si la date d’entrée en vigueur n’a pas été précisée, la simple perspective de cette hausse a déclenché une réaction en chaîne à Bruxelles. La Commission européenne, qui avait déjà préparé des mesures de rétorsion lors des précédents épisodes de guerre commerciale, a réaffirmé sa détermination à défendre ses intérêts. Les discussions reprennent, mais l’incertitude demeure totale.
Le secteur automobile allemand, poumon industriel du Vieux Continent, est directement en première ligne. Les constructeurs Volkswagen, Mercedes et Porsche, qui venaient de publier des résultats trimestriels en baisse mais nourrissaient un espoir prudent de stabilisation pour les mois à venir, voient leurs prévisions compromises. Leur association professionnelle, la VDA, a exhorté les deux parties à apaiser les tensions. Le chancelier allemand Friedrich Merz, cité par la presse iranienne, a souligné que la menace de Trump vise l’ensemble de l’Europe, et non pas seulement l’Allemagne. Selon lui, le locataire de la Maison-Blanche perd patience devant les lenteurs du Parlement européen à ratifier l’accord de Turnberry conclu en juillet 2025, qui avait fixé un plafond tarifaire à 15 %.
Au-delà des automobiles, c’est toute la structure des échanges commerciaux qui vacille. Une première évaluation de la Commission, rapportée par Politico, estime que près de la moitié des exportations européennes contenant de l’acier et de l’aluminium pourraient être frappées par des droits plus élevés, en raison d’un nouveau calcul basé sur la valeur totale des produits plutôt que sur leur seul contenu métallique. Ce durcissement, intervenu en avril après le « Liberation Day » qui avait imposé des tarifs de 30 % sur la plupart des importations européennes, aggrave la vulnérabilité d’une économie déjà ébranlée par le choc énergétique lié à la guerre en Iran.
Dans ce contexte, l’attitude de Trump reste imprévisible – ses menaces ne sont crédibles que lorsqu’elles sont administrativement étayées, ce qui n’est pas encore le cas. L’Union européenne, qui a déjà démontré sa capacité à riposter, doit naviguer entre fermeté et recherche d’un compromis. La fenêtre de tir est étroite : une escalade tarifaire généralisée risquerait non seulement de briser la fragile reprise de l’industrie automobile, mais aussi de saper la confiance dans le multilatéralisme commercial, déjà mise à rude épreuve.
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