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Géopolitique et Politiquesamedi 13 juin 2026

La poussée de l’extrême droite en Australie alarme les communautés immigrées

Alors que le parti One Nation frôle les 30 % dans les sondages, des heurts à Melbourne révèlent un climat politique de plus en plus polarisé.

Un vent de crispation souffle sur la politique australienne. Vendredi soir à Melbourne, une collecte de fonds du parti d’extrême droite One Nation, emmené par Pauline Hanson, a dû être déplacée en urgence sous protection policière après que des manifestants antiracistes eurent contraint l’établissement initial à annuler l’événement. Malgré le secret entourant le nouveau lieu, des heurts ont éclaté devant Canvas House, dans le sud de la ville, où des contre-manifestants scandaient des slogans hostiles et où un homme a été plaqué au sol par les forces de l’ordre. Selon la police de l’État de Victoria, aucune arrestation n’a été formellement enregistrée, mais un jeune de 22 ans a reçu un ordre de dispersion. L’incident illustre la tension grandissante autour d’une formation politique dont la rhétorique anti-immigration et anti-multiculturalisme gagne du terrain.

Cette montée en puissance se lit dans les urnes. D’après les enquêtes d’opinion relayées par la presse bangladaise, près de 30 % des électeurs australiens soutiendraient désormais One Nation, un score qui place le parti de Pauline Hanson devant les deux grandes formations traditionnelles, le Parti travailliste et la Coalition libérale-nationale. William Bowe, analyste électoral basé à Perth et figure de référence du site Poll Bludger, décrit un « univers électoral radicalement nouveau », où les forces qui dominaient la vie politique depuis 1910 peinent à rassembler la moitié des suffrages. Ce basculement rappelle les dynamiques observées en Europe, où la fragmentation des systèmes partisans et la percée de mouvements nationalistes – du Rassemblement national en France au Vlaams Belang en Belgique – redessinent les équilibres parlementaires.

Pour les communautés immigrées, cette ascension ravive des souvenirs douloureux. Le quotidien bangladais Prothom Alo souligne l’inquiétude des diasporas sud-asiatiques face à la résurgence d’un discours xénophobe qui, dans les années 1990, ciblait déjà ouvertement les populations d’origine asiatique. Les manifestations de Melbourne, organisées par des collectifs antiracistes, traduisent une peur plus large : celle de voir la rhétorique de One Nation se banaliser dans le débat public, à l’image de ce que connaissent certaines minorités en Europe face à la progression des partis d’extrême droite.

Sur le plan politique, Pauline Hanson a annoncé son intention de collaborer avec la Coalition de centre-droit pour renverser le gouvernement travailliste de l’État de Victoria lors des prochaines élections. Cette alliance potentielle, qui inclurait le parti National de Barnaby Joyce, suscite de vives critiques. Les travaillistes dénoncent un risque de « chaos » institutionnel, tandis que les analystes s’interrogent sur la capacité des partis traditionnels à contenir la vague populiste sans se compromettre. Le scénario n’est pas sans rappeler les dilemmes auxquels sont confrontés les partis conservateurs européens, tiraillés entre la tentation d’une coalition avec l’extrême droite et la défense d’un cordon sanitaire.

Au-delà de l’Australie, cette poussée de One Nation confirme une tendance mondiale à l’érosion des systèmes bipartites et à la normalisation des discours nationalistes. Pour un lectorat francophone attentif aux évolutions des démocraties libérales, l’expérience australienne offre un miroir des tensions qui traversent aussi bien le Canada que la Belgique ou la France. La question n’est plus seulement de savoir si Pauline Hanson accédera à des responsabilités exécutives, mais jusqu’où la recomposition du paysage politique peut fragiliser le pacte multiculturel sur lequel reposent ces sociétés.

Divergence — qui la raconte comment
20%Faible
2 blocs · positions de −0.40 à 0.00
CritiqueFavorable
INDATL
Divergence entre blocs de presse
Presse indienne et sud-asiatique−0.40critical
Presse atlantique / anglosphère0.00neutral
Presse indienne et sud-asiatique−0.40

La montée soudaine du parti d'extrême droite One Nation dirigé par Pauline Hanson alarme les communautés immigrées en Australie. Un événement de collecte de fonds à Melbourne a été annulé suite à des manifestations antiracistes, puis déplacé secrètement sous protection policière, mais les protestations ont continué. Cet épisode souligne les craintes croissantes des migrants face à une résurgence de la politique xénophobe.

AlarmeIndignation
Presse atlantique / anglosphère0.00

Des manifestants ont perturbé un événement de collecte de fonds de One Nation à Melbourne, obligeant à le déplacer sous protection policière. Pauline Hanson s'est distanciée d'un néo-nazi présent, tandis que les sondages suggèrent que son parti pourrait briser la domination traditionnelle des deux grands partis. L'incident reflète le climat tendu avant les élections dans l'État de Victoria.

ScepticismePragmatisme
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samedi 13 juin 2026

La poussée de l’extrême droite en Australie alarme les communautés immigrées

Alors que le parti One Nation frôle les 30 % dans les sondages, des heurts à Melbourne révèlent un climat politique de plus en plus polarisé.

Un vent de crispation souffle sur la politique australienne. Vendredi soir à Melbourne, une collecte de fonds du parti d’extrême droite One Nation, emmené par Pauline Hanson, a dû être déplacée en urgence sous protection policière après que des manifestants antiracistes eurent contraint l’établissement initial à annuler l’événement. Malgré le secret entourant le nouveau lieu, des heurts ont éclaté devant Canvas House, dans le sud de la ville, où des contre-manifestants scandaient des slogans hostiles et où un homme a été plaqué au sol par les forces de l’ordre. Selon la police de l’État de Victoria, aucune arrestation n’a été formellement enregistrée, mais un jeune de 22 ans a reçu un ordre de dispersion. L’incident illustre la tension grandissante autour d’une formation politique dont la rhétorique anti-immigration et anti-multiculturalisme gagne du terrain.

Cette montée en puissance se lit dans les urnes. D’après les enquêtes d’opinion relayées par la presse bangladaise, près de 30 % des électeurs australiens soutiendraient désormais One Nation, un score qui place le parti de Pauline Hanson devant les deux grandes formations traditionnelles, le Parti travailliste et la Coalition libérale-nationale. William Bowe, analyste électoral basé à Perth et figure de référence du site Poll Bludger, décrit un « univers électoral radicalement nouveau », où les forces qui dominaient la vie politique depuis 1910 peinent à rassembler la moitié des suffrages. Ce basculement rappelle les dynamiques observées en Europe, où la fragmentation des systèmes partisans et la percée de mouvements nationalistes – du Rassemblement national en France au Vlaams Belang en Belgique – redessinent les équilibres parlementaires.

Pour les communautés immigrées, cette ascension ravive des souvenirs douloureux. Le quotidien bangladais Prothom Alo souligne l’inquiétude des diasporas sud-asiatiques face à la résurgence d’un discours xénophobe qui, dans les années 1990, ciblait déjà ouvertement les populations d’origine asiatique. Les manifestations de Melbourne, organisées par des collectifs antiracistes, traduisent une peur plus large : celle de voir la rhétorique de One Nation se banaliser dans le débat public, à l’image de ce que connaissent certaines minorités en Europe face à la progression des partis d’extrême droite.

Sur le plan politique, Pauline Hanson a annoncé son intention de collaborer avec la Coalition de centre-droit pour renverser le gouvernement travailliste de l’État de Victoria lors des prochaines élections. Cette alliance potentielle, qui inclurait le parti National de Barnaby Joyce, suscite de vives critiques. Les travaillistes dénoncent un risque de « chaos » institutionnel, tandis que les analystes s’interrogent sur la capacité des partis traditionnels à contenir la vague populiste sans se compromettre. Le scénario n’est pas sans rappeler les dilemmes auxquels sont confrontés les partis conservateurs européens, tiraillés entre la tentation d’une coalition avec l’extrême droite et la défense d’un cordon sanitaire.

Au-delà de l’Australie, cette poussée de One Nation confirme une tendance mondiale à l’érosion des systèmes bipartites et à la normalisation des discours nationalistes. Pour un lectorat francophone attentif aux évolutions des démocraties libérales, l’expérience australienne offre un miroir des tensions qui traversent aussi bien le Canada que la Belgique ou la France. La question n’est plus seulement de savoir si Pauline Hanson accédera à des responsabilités exécutives, mais jusqu’où la recomposition du paysage politique peut fragiliser le pacte multiculturel sur lequel reposent ces sociétés.

Divergence — qui la raconte comment
20%Faible
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CritiqueFavorable
INDATL
Divergence entre blocs de presse
Presse indienne et sud-asiatique−0.40critical
Presse atlantique / anglosphère0.00neutral
Presse indienne et sud-asiatique−0.40

La montée soudaine du parti d'extrême droite One Nation dirigé par Pauline Hanson alarme les communautés immigrées en Australie. Un événement de collecte de fonds à Melbourne a été annulé suite à des manifestations antiracistes, puis déplacé secrètement sous protection policière, mais les protestations ont continué. Cet épisode souligne les craintes croissantes des migrants face à une résurgence de la politique xénophobe.

AlarmeIndignation
Presse atlantique / anglosphère0.00

Des manifestants ont perturbé un événement de collecte de fonds de One Nation à Melbourne, obligeant à le déplacer sous protection policière. Pauline Hanson s'est distanciée d'un néo-nazi présent, tandis que les sondages suggèrent que son parti pourrait briser la domination traditionnelle des deux grands partis. L'incident reflète le climat tendu avant les élections dans l'État de Victoria.

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