
« Le Diable s’habille en Prada 2 » triomphe au box-office mais divise la critique mondiale
Le retour de Miranda Priestly a fait recette. Avec 77 millions de dollars engrangés lors de son premier week-end nord-américain et 114,6 millions à l’échelle planétaire, « Le Diable s’habille en Prada 2 » s’impose comme le coup d’envoi réussi de la saison estivale à Hollywood, reléguant au second rang le biopic sur Michael Jackson. En Italie, le film a récolté plus de 8 millions d’euros en trois jours, tandis qu’au Japon, la critique salue surtout l’évolution d’Anne Hathaway, passée de princesse adolescente à figure hollywoodienne mature. Pourtant, au-delà des chiffres, la réception varie sensiblement selon les latitudes.
De l’Espagne à l’Allemagne, les observateurs soulignent une rupture esthétique avec l’original. L’absence de Patricia Field, costumière légendaire du premier volet, se fait sentir : la palette vestimentaire, confiée à Molly Rogers, gagne en ampleur mais perd en subtilité narrative. Le film mise sur la nostalgie et l’évocation des défis de la presse écrite à l’ère numérique, mais peine à reproduire l’impact culturel des années 2000. En Australie, l’attention se porte sur le rapport ambigu du magazine Vogue à cette saga : son ancienne rédactrice en chef, Anna Wintour, modèle présumé de Miranda Priestly, a longtemps affiché une indifférence glaciale avant d’admettre, à contrecœur, une forme de parenté.
Aux États-Unis, l’accueil oscille entre reconnaissance du spectacle et ironie. Un critique russe résume le sentiment partagé : « Très beau et parfaitement insignifiant, soit tout à fait dans les canons. » Meryl Streep elle-même, dans une interview, ravive une vieille rivalité avec Goldie Hawn, rappelant que les egos ont toujours nourri les coulisses du cinéma. Ce bruit médiatique sert néanmoins la machine promotionnelle. Reste à savoir si cette suite, vingt ans après, survivra à l’épreuve du temps ou si elle ne demeurera qu’un exercice de style brillant mais vide, reflet d’une industrie en quête de repères dans un paysage médiatique fragmenté. Les prochains week-ends diront si la mode, comme le cinéma, peut vraiment se réinventer.
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