
Le géant russe de l'immobilier Samolet en pleine tourmente : un appel à l'État qui interroge
Le promoteur immobilier russe Samolet, l’un des principaux acteurs du marché résidentiel en Fédération, a enregistré une perte nette de 2,29 milliards de roubles au titre de l’exercice 2025, contre un bénéfice de 8,2 milliards l’année précédente, selon sa publication financière en normes IFRS. Ce résultat contraste avec une hausse de 8 % du chiffre d’affaires, à 366,8 milliards de roubles, et une progression de 24 % de l’EBITDA, qui atteint 103,3 milliards. Mais derrière ces indicateurs apparents de santé, la structure du bilan inquiète : le recours massif aux comptes séquestres — levier typique du financement russe — gonfle l’endettement net à 373,3 milliards de roubles si l’on exclut les sommes bloquées, tandis que la dette corporative brute a été ramenée à 119,9 milliards.
C’est dans ce contexte que la direction a sollicité fin février un prêt concessionnel de 50 milliards de roubles auprès du gouvernement, en offrant en garantie un blocage de participation assorti d’une option de rachat. Une manoeuvre qui, du point de vue de Moscou, traduit à la fois la fragilité latente du secteur immobilier et la tentation d’un contrôle étatique accru sur les actifs stratégiques. En Europe, cette demande de renflouement est lue comme un révélateur des tensions qui traversent l’économie russe sous sanctions : si le marché de la construction a été soutenu par des programmes de crédit subventionné et une demande intérieure dopée par les dépenses militaires, la hausse des taux directeurs et l’incertitude géopolitique pèsent désormais sur la solvabilité des promoteurs.
Les observateurs belges et canadiens du secteur émergent, pour leur part, y voient le signe d’un retour aux pratiques de l’ère postsoviétique, où les groupes privés se transforment en quasi-agences d’État pour éviter la faillite. En Afrique francophone, où des conglomérats russes tentent de s’implanter dans l’immobilier de luxe, ce précédent pourrait refroidir les partenariats, les investisseurs locaux redoutant une instabilité juridique chronique. À l’avenir, le sort de Samolet dépendra de la réponse du gouvernement : un prêt assorti d’une prise de participation ouvrirait la voie à une nationalisation rampante, tandis qu’un refus contraindrait le groupe à des cessions d’actifs, fragilisant tout un pan du logement neuuf dans les grandes agglomérations russes.
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