
Au Pentagone, une purge de printemps fragilise la guerre navale contre l'Iran
Le secrétaire à la Marine, John Phelan, un riche donateur de Donald Trump nommé en mars 2025, a été limogé en pleine guerre par le secrétaire à la Défense, Pete Hegseth, ajoutant un nouveau chapitre à la série de départs qui secoue le Pentagone. Le conflit interne, centré sur la lenteur du programme de construction navale dit de la « flotte dorée » – un plan de 280 à 300 navires piloté par Phelan – a conduit à son éviction brutale, annoncée via un message sur X. Phelan, qui avait passé la nuit précédente à la Maison-Blanche pour tenter d'obtenir un entretien direct avec le président, n'a cédé qu'après une confirmation en face-à-face de Trump, lequel a reconnu des « conflits avec plusieurs personnes au Pentagone ». Ce renvoi intervient alors que l'US Navy mène un blocus du détroit d'Ormuz, l'une des opérations les plus délicates depuis le début du conflit avec l'Iran, et que des tirs ont visé des navires marchands, compromettant un cessez-le-feu fragile que Téhéran refuse de reconnaître officiellement.
La presse européenne souligne l'ampleur de cette purge printanière : en un mois et demi, cinq hauts responsables ont quitté l'administration Trump, parmi lesquels le chef d'état-major de l'Armée de terre, le général Randy George, poussé à la démission début avril. Du côté des observateurs italiens et espagnols, on insiste sur le rôle prépondérant de la loyauté personnelle au détriment de la compétence, tandis que la presse germanophone rappelle que Phelan, voisin et ami de Trump, avait versé près d'un million de dollars à sa campagne en 2024. Les médias russes, quant à eux, relèvent que le président a minimisé l'affaire en soulignant la nécessité de « bien s'entendre, surtout dans l'armée ». Au sein même du Pentagone, Hegseth – ancien présentateur télévisé converti en fanatique religieux – poursuit une « révolution idéologique » visant à remplacer les cadres traditionnels par des fidèles, ce qui fragilise la chaîne de commandement en temps de guerre.
Cette déstabilisation intervient dans un contexte géostratégique particulièrement tendu : le blocus naval américain d'Ormuz, auquel contribuent deux porte-avions, fait face à des représailles iraniennes, tandis que les négociations de paix restent suspendues. La nomination du sous-secrétaire Hung Cao, vétéran de combat, comme intérimaire ne dissipe pas les inquiétudes sur la capacité de l'administration à maintenir une cohésion opérationnelle. Pour les chancelleries européennes et francophones – notamment au Canada et en Belgique, qui suivent de près la sécurité des voies maritimes – ce chaos intérieur américain soulève la question de la fiabilité des engagements de Washington dans un conflit aux répercussions mondiales. La purge pourrait s'accélérer si les républicains perdent le Sénat en novembre, rendant les confirmations futures impossibles. D'ici là, la Maison-Blanche semble prête à sacrifier toute expertise sur l'autel de la loyauté, quitte à compromettre une guerre déjà incertaine.
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