
Washington et Téhéran laissent entrevoir un accord imminent sur le détroit d’Ormuz
Les États-Unis et l’Iran, par l’intermédiaire d’Oman, pourraient annoncer un arrangement provisoire de 60 jours pour rouvrir le passage stratégique, faisant chuter les cours du pétrole.
Le président américain Donald Trump et son secrétaire au Trésor, Scott Bessent, ont déclaré les 4 et 5 août qu’un accord visant à rétablir la liberté de navigation dans le détroit d’Ormuz pourrait être conclu « aujourd’hui ou demain », provoquant une baisse immédiate des prix du brut. Le baril de Brent est repassé sous la barre des 79 dollars, les marchés pariant sur un retour progressif des pétroliers dans ce goulet par où transitait, avant la guerre, environ un cinquième du pétrole et du gaz naturel liquéfié mondiaux.
Selon le site Axios, qui cite deux sources régionales et un responsable américain, l’administration Trump espérait une annonce dès le 5 août. Le projet d’accord, négocié depuis plusieurs semaines, établirait un mécanisme temporaire de 60 jours entre l’Iran et le sultanat d’Oman. Les navires entrant dans le Golfe emprunteraient un couloir septentrional sous contrôle iranien, tandis que le trafic sortant utiliserait une voie méridionale dans les eaux omanaises, en coordination avec Téhéran. Aucun péage ne serait perçu durant cette période, et les parties s’engageraient à déminer la voie médiane du détroit sous trente jours.
Les déclarations américaines se heurtent toutefois au démenti répété de Téhéran. Le porte-parole de la diplomatie iranienne, Esmaïl Baghaei, a affirmé que les discussions en cours avec Mascate étaient strictement bilatérales, portant sur l’établissement de couloirs de navigation sûrs, et qu’aucune négociation directe n’avait lieu avec Washington. Une source proche des Gardiens de la révolution, citée par l’agence Mehr, a même prévenu que l’accord resterait bloqué tant que les États-Unis continueraient leurs menaces militaires. En parallèle, le Qatar, médiateur aux côtés du Pakistan et d’Oman, a confirmé que des projets de texte circulaient entre les parties, tout en insistant sur la nécessité de garantir la liberté de navigation conformément au droit international.
Cette percée diplomatique intervient après plus de cinq mois d’une guerre déclenchée le 28 février par des frappes américaines et israéliennes contre l’Iran. Téhéran a imposé un blocus de facto du détroit, réduisant le trafic maritime à un filet, tandis que Washington maintient un contre-blocus des ports iraniens. Le président Trump, qui avait suspendu le week-end précédent une vaste opération militaire, a lié l’ouverture du détroit à l’objectif plus large d’un accord sur le nucléaire iranien, tout en menaçant de représailles « très dures » en cas d’échec. Aucun accord définitif n’est encore scellé, et les prochaines heures devraient indiquer si les garanties exigées par l’Iran – notamment la levée du blocus naval américain – permettront de transformer cette ébauche en une trêve durable.
| Presse russe et CEI | 0.00 | neutral |
|---|---|---|
| Presse européenne continentale | +0.40 | aligned |
| Presse atlantique / anglosphère | 0.00 | neutral |
Les menaces de Trump sont le véritable centre de l'actualité ; l'accord n'est qu'une possibilité lointaine.
En insistant sur la dureté du langage de Trump et en répétant le terme « sans précédent », la presse russe crée un sentiment d'urgence et d'inévitabilité du conflit.
Elle omet les détails de l'accord potentiel à 60 jours et les déclarations optimistes du secrétaire au Trésor Bessent, ainsi que la chute du prix du pétrole liée aux espoirs d'accord.
L'Europe voit dans la diplomatie la seule voie et salue l'accord comme un pas concret en avant.
En soulignant les déclarations positives de Bessent et la baisse du pétrole, la presse européenne rend crédible l'imminence de l'accord.
Elle omet les menaces dures de Trump (comme l'attaque « sans précédent ») et le contexte de guerre en cours, se concentrant uniquement sur le côté positif.
Le monde anglo-saxon met en garde : malgré les signes de détente, la situation reste explosive et les menaces sont réelles.
En juxtaposant la nouvelle du naufrage d'un navire à la perspective d'un accord, la presse atlantique crée un effet de tension non résolue.
Elle omet de préciser les conditions de l'accord provisoire et sa durée, se concentrant sur les événements dramatiques.
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