
Le métro de Dubaï creuse son avenir : le « Gold Line », une artère souterraine de 42 km
C’est le projet d’infrastructure le plus ambitieux jamais lancé par l’émirat. Le 22 avril 2026, le souverain de Dubaï, Mohammed ben Rachid Al Maktoum, a dévoilé le « Gold Line », une ligne de métro entièrement souterraine longue de 42 kilomètres, dont le coût atteint 34 milliards de dirhams (9,3 milliards de dollars). Reliant Al Ghubaiba, dans le vieux Dubaï, à Jumeirah Golf Estates, elle traversera quinze zones stratégiques – de Mina Rashid à Business Bay, en passant par City Walk et Meydan – et desservira 1,5 million d’habitants, tout en connectant 55 grands projets immobiliers en cours. Son achèvement est prévu pour le 9 septembre 2032, symbole d’une planification calendaire qui se veut aussi rigoureuse que spectaculaire.
Cette annonce intervient alors que la congestion routière empire dans l’émirat. Les embouteillages ont atteint 45 heures de retard par conducteur en 2025, contre 35 heures en 2024, sous l’effet conjugué de la croissance démographique et de l’augmentation du parc automobile. La ligne rouge du métro, saturée, verra sa charge réduite de 23 % grâce à cette nouvelle artère, qui permettra d’économiser plus de 40 millions de trajets automobiles par an. Parallèlement, le ministère fédéral de l’Énergie et des Infrastructures mène un chantier majeur pour fluidifier le trafic entre Sharjah et Dubaï, tandis que le Conseil suprême de l’énergie de Dubaï examine l’extension du réseau de stations-service afin de limiter les files d’attente et d’améliorer la sécurité.
Le Gold Line n’est qu’un maillon d’un réseau intégré bien plus vaste. Selon le plan directeur ferroviaire de Dubaï à l’horizon 2032, il doit s’interconnecter avec la ligne verte, la ligne rouge, la future ligne bleue – qui comportera la station la plus haute du monde –, le tramway, l’Etihad Rail (le réseau ferré national des Émirats) et une ligne grande vitesse Dubaï-Abou Dhabi. Ce maillage vise à transformer la mobilité quotidienne de plusieurs millions de résidents, en reliant les zones résidentielles, commerciales et industrielles de l’émirat.
Du point de vue géopolitique, ce mégaprojet confirme la volonté de Dubaï de maintenir son attractivité pour les investisseurs internationaux, notamment européens et francophones. Des cabinets d’ingénierie suisses, belges et canadiens sont déjà impliqués dans les infrastructures urbaines du Golfe, et ce type de chantier ouvre des perspectives de coopération technique avec les métropoles africaines francophones – Kinshasa, Abidjan ou Dakar – où des projets de métro peinent à émerger.
Enfin, l’ambition affichée de faire de Dubaï « la meilleure ville du monde où vivre » se heurte à des défis bien réels : la croissance immobilière effrénée, la dépendance à la voiture individuelle et les limites écologiques du modèle de développement. Le Gold Line, s’il améliore la fluidité, ne résoudra pas seul les contradictions d’une urbanisation galopante. Mais il offre, pour l’heure, une vitrine technologique et politique que les autres métropoles du monde arabe et au-delà observent avec attention.
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