
Procès Musk-OpenAI : l’intime et le corporate au cœur d’une lutte pour le contrôle de l’IA
Les témoignages de Shivon Zilis et Mira Murati dévoilent les entrelacs personnels et les luttes de pouvoir à l’origine de la plainte d’Elon Musk contre OpenAI.
Le procès opposant Elon Musk à OpenAI, qui se tient devant un tribunal fédéral d’Oakland, a pris un tournant inattendu avec la déposition de Shivon Zilis, ancienne membre du conseil d’administration et mère de quatre enfants du plaignant. Cette dirigeante de Neuralink a révélé sous serment que sa relation avec le milliardaire avait débuté par une « aventure d’un soir » en 2016, avant d’évoluer en partenariat parental discret, scellé par un don de sperme en 2020. Cette confession, loin d’un simple fait divers, éclaire les conflits d’intérêts qui ont miné la gouvernance d’OpenAI : alors que Zilis siégeait au conseil, elle entretenait des liens personnels et professionnels étroits avec Musk, soulevant des questions sur son indépendance lors des délibérations cruciales sur la transformation de l’entreprise en structure lucrative.
Un autre témoignage accablant, celui de Mira Muriat, ex-directrice technique devenue brièvement PDG après l’éviction de Sam Altman en 2023, a dressé le portrait d’un dirigeant semant la discorde. Murati a décrit un Altman « créant le chaos » en distillant des messages contradictoires selon ses interlocuteurs, une méthode de gestion qui aurait exacerbé les tensions au sein de l’exécutif. Ses échanges textes, diffusés dans le prétoire, montrent un Altman fébrile tentant de revenir au pouvoir, tandis que Murati le qualifiait de « gars Twitch au hasard » – une référence au bref intérim d’Emmett Shear. Ces révélations confirment l’atmosphère délétère qui régnait au sommet de la société, bien avant le procès.
De l’autre côté de la barre, Greg Brockman, président d’OpenAI, a livré sa version de la rupture de 2017. Selon lui, Musk exigeait le contrôle total de l’entreprise, allant jusqu’à offrir des Tesla Model 3 aux cofondateurs avant une réunion décisive. Devant leur refus, le milliardaire aurait claqué la porte, reprochant ensuite à OpenAI d’avoir abandonné sa mission non lucrative. Ces faits corroborent la thèse de la défense : Musk n’a pas été trahi, mais il a choisi de quitter un navire qu’il ne pouvait plus diriger seul. Pendant ce temps, les dépenses colossales – 50 milliards de dollars annoncés pour les infrastructures de calcul – confirment la dimension industrielle du projet, bien loin de l’idéal philanthropique initial.
Au-delà du prétoire, l’affaire résonne comme un avertissement pour les régulateurs européens et canadiens, qui observent avec inquiétude les dérives d’un secteur où les intérêts personnels des fondateurs priment sur la sécurité collective. Musk lui-même, dans ses déclarations liminaires, a évoqué le spectre d’un « futur à la Terminator » si l’IA reste livrée à elle-même. Mais ce procès, présidé avec fermeté par la juge Yvonne Gonzalez Rogers, pourrait aussi fixer un précédent juridique sur la responsabilité des entreprises technologiques envers leurs promesses originelles. Alors que la bataille se poursuit, une question demeure : qui, du capitalisme débridé ou d’une régulation étatique, saura encadrer une intelligence artificielle dont le coût – humain et financier – devient vertigineux ?
Élargis ton regard
Washington évoque un accord imminent sur le détroit d’Ormuz, Téhéran dément toute négociation directe
6 langues · 52 sources
Depuis Economy & MarketsLa guerre au Proche-Orient propulse les bénéfices des majors pétrolières à des sommets
2 langues · 21 sources
Depuis TechnologyAprès presque dix ans d'attente, le Boeing 737 MAX 7 obtient sa certification
3 langues · 18 sources