
Les Houthis frappent deux pétroliers saoudiens en mer Rouge, nouveau front dans la guerre Iran-États-Unis
L’attaque revendiquée par les rebelles yéménites contre les navires Encelia et Layla, jeudi, menace d’ajouter un second goulet d’étranglement aux approvisionnements pétroliers mondiaux, alors que Washington mène une douzième nuit de frappes contre l’Iran.
Les Houthis du Yémen, alliés de Téhéran, ont annoncé jeudi 23 juillet avoir mené des tirs de missiles et de drones contre deux pétroliers saoudiens, l’Encelia et le Layla, en mer Rouge. Il s’agit de la première attaque revendiquée depuis que le mouvement a décrété, en début de semaine, un blocus naval visant les navires liés à l’Arabie saoudite transitant par le détroit de Bab el-Mandeb. L’agence de presse saoudienne SPA a confirmé que l’Encelia avait été touché, provoquant un incendie à la proue sans faire de victimes, tandis que l’attaque contre le Layla n’a pas été vérifiée de manière indépendante. Le centre britannique de surveillance maritime UKMTO a fait état d’un projectile non identifié ayant frappé un pétrolier à 70 milles nautiques au sud-ouest d’Al Shuqaiq.
Cette escalade en mer Rouge intervient alors que le Commandement central américain (CENTCOM) a mené une douzième nuit consécutive de frappes contre des cibles iraniennes, visant des capacités maritimes, des sites de stockage de missiles et de drones, ainsi que des systèmes de défense aérienne, dans le but de « dégrader davantage la capacité de l’Iran à menacer les marins civils et les navires commerciaux ». Le président Donald Trump avait prévenu la veille que les États-Unis détruiraient « un pont ou une centrale électrique » pour chaque tir iranien contre un navire dans le détroit d’Ormuz. En réponse, le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a invoqué une doctrine de « œil pour œil », tandis que les Gardiens de la révolution affirmaient contrôler totalement le détroit et le considérer comme « complètement fermé » à tout trafic non coordonné avec l’Iran.
La conjonction des deux crises maritimes fait peser une menace inédite sur le commerce énergétique mondial. Le détroit de Bab el-Mandeb, par où transite environ 12 % du commerce mondial, dont un quart du trafic conteneurisé, devient un second point de passage sous tension, alors que le détroit d’Ormuz, par lequel passait un cinquième du pétrole et du gaz échangés dans le monde avant le conflit, reste largement paralysé. Les prix du brut ont bondi : le baril de Brent a dépassé les 98 dollars jeudi, et plusieurs pétroliers ont modifié leur route pour éviter la zone, selon des données de suivi maritime. L’acheminement du pétrole saoudien par la mer Rouge, alternative à l’impasse d’Ormuz, se trouve ainsi compromis.
Sur le plan diplomatique, aucun progrès n’est signalé depuis l’effondrement d’un cessez-le-feu en juin. Le secrétaire d’État américain Marco Rubio a estimé, en marge d’un sommet à Manille, que les Houthis s’étaient laissé « entraîner » par l’Iran dans ce conflit. L’Iran, de son côté, a revendiqué des frappes de représailles contre des bases américaines au Koweït et en Jordanie, et promis de poursuivre ses attaques tant que les infrastructures iraniennes seraient visées. Le dossier reste dans l’impasse, chaque camp campant sur des positions qui éloignent la perspective d’une désescalade.
| Presse atlantique / anglosphère | −0.40 | critical |
|---|---|---|
| Presse chinoise | +0.20 | neutral |
The United States bombs Iran for a twelfth consecutive night in response to Houthi attacks on Saudi vessels in the Red Sea. President Trump's rhetoric raises the risk of regional conflict, while the international community calls for restraint but American actions appear increasingly aggressive.
China manages to have its own tanker pass through the Bab al-Mandab strait despite the Houthi blockade, demonstrating its ability to protect economic interests. Beijing maintains a balanced diplomatic stance, calling for stability and managing tensions with Washington.
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