
Liban : le président Aoun rappelle le choix entre État souverain et logique milicienne, sur fond de tractations régionales
En commémorant l’assassinat de Tony Frangieh, Joseph Aoun a posé le dilemme existentiel du pays, tandis qu’un rapprochement irano-américain pourrait redessiner les lignes des négociations avec Israël.
Dans un Liban suspendu entre les fractures du passé et les incertitudes d’un Moyen-Orient en recomposition, le président de la République, Joseph Aoun, a fait de la commémoration des martyrs d’Ehden une tribune pour l’avenir de l’État. Quarante-huit ans après l’assassinat du ministre Tony Frangieh et de ses proches, il a posé l’alternative en termes abrupts : « soit que les Libanais s’unissent autour d’un État souverain qui détient le monopole des armes et fait régner la loi, soit qu’ils restent otages de la logique des milices et de la culture de l’effacement de l’autre ». Ce discours, qui résonne au-delà des clivages communautaires, inscrit la question de la souveraineté nationale au cœur d’une mémoire qu’il refuse de sélectionner, portant ensemble toutes les blessures de la guerre civile pour fonder un pacte de non‑répétition.
La mise en garde présidentielle survient alors que le Liban est confronté à une équation régionale délicate. D’après des informations circulant dans la presse libanaise, à la veille du cinquième round de discussions indirectes avec Israël, et après la déclaration de principes issue de la quatrième session, la perspective d’un accord entre Washington et Téhéran à Islamabad alimente de nombreuses spéculations. Une telle entente irano‑américaine, si elle se concrétisait, pourrait modifier la place des négociations directes libano‑israéliennes, jusqu’ici freinées par le poids du Hezbollah dans la vie politique interne. Des sources proches des contacts internationaux signalent un activisme arabe « ami du Liban » ces derniers jours, visant à arrimer une position commune qui faciliterait la tenue d’une rencontre tripartite entre les présidents libanais, américain et iranien.
Dans les capitales arabes, ce ballet diplomatique est perçu comme une tentative d’arrimer la stabilité libanaise à un éventuel dégel régional, tout en isolant la logique milicienne que dénonce Aoun. Les chancelleries du Golfe, qui ont renoué avec Beyrouth après des années de distanciation, voient dans le renforcement de l’armée et des institutions un préalable à tout investissement de reconstruction. Du côté européen, et particulièrement dans les cercles francophones, on relève que le discours du président emprunte à l’héritage juridique et institutionnel cher à l’ancienne puissance mandataire, tout en faisant écho aux attentes des partenaires de la Francophonie, du Canada au continent africain, qui conditionnent leur aide à une souveraineté pleinement recouvrée.
Reste que la conjonction des calendriers — commémoration douloureuse, échéance des pourparlers techniques et rumeurs d’une refonte des rapports de force entre l’Iran et les États‑Unis — confère à l’appel d’Aoun une portée qui dépasse la rhétorique commémorative. Si la « nécessité existentielle » de l’unité nationale, fondée sur la justice et l’équité pour toutes les composantes, est régulièrement invoquée, le contexte actuel pourrait en faire un véritable impératif de survie pour un Liban à la croisée des chemins. La réponse des acteurs régionaux et la capacité des Libanais à traduire cette promesse d’un État de droit en réalité détermineront si la mémoire d’Ehden servira enfin à conjurer les répétitions de l’Histoire.
| Presse arabe Levant-Maghreb | −0.40 | critical |
|---|---|---|
| Presse russe et CEI | 0.00 | neutral |
| Presse du Golfe arabe | −0.60 | critical |
Lors du 48e anniversaire de l'assassinat de Tony Frangieh, le président Aoun a posé au Liban un choix tranché : un État souverain détenant le monopole des armes et où règne la loi, ou rester otage de la logique des milices. Il a appelé à l'unité nationale au-delà des clivages confessionnels et régionaux, la qualifiant de nécessité existentielle. Le discours a été perçu comme une mise en garde contre le risque de répéter les blessures de la guerre civile.
Le président libanais a évoqué un «choix fatal» entre la construction d'un État détenant le monopole de la force et la captivité des groupes armés, tout en appelant à l'unité nationale. Les médias locaux ont relayé la déclaration de manière concise, en soulignant sa gravité sans commentaire supplémentaire.
Le président Joseph Aoun a averti que le Liban se trouve à un carrefour : soit un État qui détient le monopole des armes et fait respecter la loi, soit la soumission à la logique des milices. Il a souligné que l'unité n'est plus un slogan mais une exigence existentielle, et que le pays ne peut se permettre de nouvelles luttes confessionnelles. Les médias du Golfe ont insisté sur l'urgence du message face à l'influence des milices.
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