
LIV Golf menacé de disparition : le golf professionnel entre crises financières et recomposition
Le retrait du fonds saoudien plonge la ligue dissidente dans l’incertitude, tandis que le PGA Tour réduit ses effectifs et que Roland-Garros fait face à des revendications salariales.
La nouvelle a secoué le monde du golf professionnel : le Fonds d’investissement public saoudien (PIF) a annoncé le retrait de son financement multibillionnaire à la fin de l’année, plongeant la ligue dissidente LIV Golf dans une incertitude existentielle. En Australie-Méridionale, où l’épreuve d’Adélaïde avait été acclamée, le Premier ministre Peter Malinauskas se montre pragmatique : il ne doit rien à LIV et ne soutiendra que ce qui profite à l’État, quitte à laisser tomber le controversé réaménagement du parcours public de North Adelaide. Une posture qui illustre la fragilité d’un circuit bâti sur des promesses pétrolières plutôt que sur un modèle économique viable.
Aux États-Unis, les réactions des stars traduisent un début d’éclatement. Bryson DeChambeau, double vainqueur de Grand Chelem, a annoncé qu’il se consacrerait à sa chaîne YouTube si LIV disparaissait, tout en prenant soin de critiquer le PGA Tour – lequel a récemment licencié 4 % de ses effectifs et réduit la taille des grilles. Ses propos, jugés « malheureux » par certains observateurs, révèlent une tension croissante entre les circuits historiques et les nouvelles ligues. Brooks Koepka, lui, a dû se contenter d’un tournoi secondaire en Caroline du Sud après avoir attendu en vain une invitation aux épreuves signatures du PGA Tour, dont les bourses atteignent 20 millions de dollars. Pendant ce temps, Scottie Scheffler, numéro un mondial, confirme sa participation au Genesis Scottish Open tout en continuant à bouder les épreuves précédant les majeurs, signe que la logique de l’exposition personnelle prime désormais sur la loyauté.
Cette recomposition ne touche pas que le golf. Au tennis, des stars comme Aryna Sabalenka menacent de boycotter Roland-Garros si la dotation – 61,7 millions d’euros, encore inférieure aux autres Grands Chelems – n’augmente pas de façon substantielle. La Professional Tennis Players Association dénonce un système qui enferme le sport dans des cycles de conflits. De Melbourne à Paris, les athlètes exigent une part plus juste des revenus et une gouvernance transparente. La question n’est plus seulement sportive : elle devient politique.
L’avenir immédiat du golf professionnel se joue donc entre deux modèles : une réunification sous l’égide du PGA Tour, que DeChambeau appelle de ses vœux tout en exigeant que les « ego » soient mis de côté, ou une fragmentation accrue où chaque joueur construira sa propre marque. Le retrait saoudien pourrait paradoxalement accélérer un rapprochement, mais les rancoeurs et les intérêts divergents demeurent. En attendant, les regards se tournent vers les prochains majeurs – le Championnat PGA à Quail Hollow, puis l’US Open – qui serviront de test grandeur nature pour une discipline en pleine mutation.
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