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dimanche 26 avril 2026

Au Mali, l’alliance djihadistes-séparatistes porte le conflit jusqu’à Bamako

C’est une offensive d’une audace et d’une ampleur inédites qui a ébranlé le Mali à l’aube du 25 avril 2026. Des groupes armés coordonnés ont frappé simultanément plusieurs points névralgiques du pays, de la capitale Bamako jusqu’aux confins septentrionaux de Kidal, Gao et Sévaré. Pour la première fois depuis l’arrivée de la junte au pouvoir, les tirs d’armes lourdes et les explosions ont résonné aux abords de la base militaire de Kati, où réside le chef de la transition, le général Assimi Goïta, et près de l’aéroport international Modibo-Keïta, contraint de suspendre ses vols. L’armée malienne a rapidement annoncé avoir « neutralisé de nombreux assaillants » et repris le contrôle, tout en instaurant un couvre-feu de trois jours dans la capitale. Pourtant, l’onde de choc est considérable, d’autant que les assaillants ont revendiqué une coordination sans précédent entre mouvances que l’on croyait irréconciliables.

Le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM), lié à al-Qaida, a en effet affirmé avoir mené ces attaques conjointement avec le Front de libération de l’Azawad (FLA), la principale coalition indépendantiste touarègue. Cette alliance de circonstance bouscule les grilles de lecture héritées de la décennie de crise malienne. Alors que le FLA déclare contrôler la majeure partie de Kidal, ancien bastion rebelle repris par les forces gouvernementales il y a quelques mois, la porosité entre revendications séparatistes et projet djihadiste se manifeste désormais sur le terrain, y compris aux portes du palais. La nouvelle donne militaire s’accompagne d’un flou persistant sur le sort du ministre de la Défense, le général Sadio Camara, que certains médias français disent avoir été tué, sans confirmation officielle.

Les réactions internationales ont afflué selon des prismes géopolitiques distincts. Les chancelleries occidentales, américaine et allemande notamment, ont appelé leurs ressortissants à se mettre à l’abri. La Russie, partenaire sécuritaire de premier plan du Mali via l’ancien groupe Wagner devenu « Corps africain », a dénoncé une « menace directe pour la stabilité de l’État malien » et suggéré une implication de services secrets occidentaux dans la préparation des assaillants. Moscou a reconnu que ses instructeurs combattaient aux côtés de l’armée malienne dans ce qu’elle qualifie de « bataille générale pour le Mali », tout en recommandant à ses citoyens d’éviter le pays. De son côté, le Maroc, qui suit la dégradation de la situation avec inquiétude, a réitéré sa solidarité avec Bamako tout en rappelant les mises en garde qu’il porte depuis des années au sein de l’Union africaine sur la convergence objective entre terrorisme et séparatisme. L’Inde a également émis une recommandation de prudence à destination de ses ressortissants.

Ce choc met à nu les fragilités du narratif sécuritaire porté par la junte depuis le double coup d’État de 2020 et 2021. Le départ contraint des forces françaises et de la MINUSMA, présenté comme un préalable à la souveraineté retrouvée, n’a pas enrayé la spirale de violence ; au contraire, les groupes armés semblent avoir profité de la reconfiguration pour étendre leur emprise. La soudure djihadiste-séparatiste, si elle venait à se pérenniser, pourrait redessiner l’équilibre des forces dans tout le Sahel central, créant un effet d’entraînement inquiétant au Burkina Faso et au Niger voisins. Pour la junte, l’équation se complique : fragilisée sur le plan intérieur, elle pourrait être tentée de renforcer la répression tout en s’arc-boutant sur une rhétorique de complot extérieur, au risque d’aggraver l’isolement diplomatique d’un pays dont la partition de fait entre nord et sud devient chaque jour plus tangible.

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dimanche 26 avril 2026

Au Mali, l’alliance djihadistes-séparatistes porte le conflit jusqu’à Bamako

C’est une offensive d’une audace et d’une ampleur inédites qui a ébranlé le Mali à l’aube du 25 avril 2026. Des groupes armés coordonnés ont frappé simultanément plusieurs points névralgiques du pays, de la capitale Bamako jusqu’aux confins septentrionaux de Kidal, Gao et Sévaré. Pour la première fois depuis l’arrivée de la junte au pouvoir, les tirs d’armes lourdes et les explosions ont résonné aux abords de la base militaire de Kati, où réside le chef de la transition, le général Assimi Goïta, et près de l’aéroport international Modibo-Keïta, contraint de suspendre ses vols. L’armée malienne a rapidement annoncé avoir « neutralisé de nombreux assaillants » et repris le contrôle, tout en instaurant un couvre-feu de trois jours dans la capitale. Pourtant, l’onde de choc est considérable, d’autant que les assaillants ont revendiqué une coordination sans précédent entre mouvances que l’on croyait irréconciliables.

Le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM), lié à al-Qaida, a en effet affirmé avoir mené ces attaques conjointement avec le Front de libération de l’Azawad (FLA), la principale coalition indépendantiste touarègue. Cette alliance de circonstance bouscule les grilles de lecture héritées de la décennie de crise malienne. Alors que le FLA déclare contrôler la majeure partie de Kidal, ancien bastion rebelle repris par les forces gouvernementales il y a quelques mois, la porosité entre revendications séparatistes et projet djihadiste se manifeste désormais sur le terrain, y compris aux portes du palais. La nouvelle donne militaire s’accompagne d’un flou persistant sur le sort du ministre de la Défense, le général Sadio Camara, que certains médias français disent avoir été tué, sans confirmation officielle.

Les réactions internationales ont afflué selon des prismes géopolitiques distincts. Les chancelleries occidentales, américaine et allemande notamment, ont appelé leurs ressortissants à se mettre à l’abri. La Russie, partenaire sécuritaire de premier plan du Mali via l’ancien groupe Wagner devenu « Corps africain », a dénoncé une « menace directe pour la stabilité de l’État malien » et suggéré une implication de services secrets occidentaux dans la préparation des assaillants. Moscou a reconnu que ses instructeurs combattaient aux côtés de l’armée malienne dans ce qu’elle qualifie de « bataille générale pour le Mali », tout en recommandant à ses citoyens d’éviter le pays. De son côté, le Maroc, qui suit la dégradation de la situation avec inquiétude, a réitéré sa solidarité avec Bamako tout en rappelant les mises en garde qu’il porte depuis des années au sein de l’Union africaine sur la convergence objective entre terrorisme et séparatisme. L’Inde a également émis une recommandation de prudence à destination de ses ressortissants.

Ce choc met à nu les fragilités du narratif sécuritaire porté par la junte depuis le double coup d’État de 2020 et 2021. Le départ contraint des forces françaises et de la MINUSMA, présenté comme un préalable à la souveraineté retrouvée, n’a pas enrayé la spirale de violence ; au contraire, les groupes armés semblent avoir profité de la reconfiguration pour étendre leur emprise. La soudure djihadiste-séparatiste, si elle venait à se pérenniser, pourrait redessiner l’équilibre des forces dans tout le Sahel central, créant un effet d’entraînement inquiétant au Burkina Faso et au Niger voisins. Pour la junte, l’équation se complique : fragilisée sur le plan intérieur, elle pourrait être tentée de renforcer la répression tout en s’arc-boutant sur une rhétorique de complot extérieur, au risque d’aggraver l’isolement diplomatique d’un pays dont la partition de fait entre nord et sud devient chaque jour plus tangible.

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