
Maroc Telecom confirme sa dynamique africaine au premier trimestre 2026
Le groupe Maroc Telecom a enregistré un chiffre d’affaires consolidé de 9,3 milliards de dirhams au premier trimestre 2026, en hausse de 5 % par rapport à la même période de l’année précédente. Cette performance, annoncée dans un contexte de concurrence accrue et de mutation technologique, confirme la stratégie du groupe fondée sur un double ancrage : le marché domestique marocain et ses filiales subsahariennes, réunies sous la bannière Moov Africa. Si la progression à change constant (+3,9 %) témoigne d’une croissance réelle, c’est surtout la répartition géographique des résultats qui mérite l’attention.
Au Maroc, les activités domestiques affichent une quasi-stabilité (+0,7 %), ce qui, dans un secteur en profonde recomposition, constitue un signal rassurant. La contraction structurelle des revenus de la voix et de l’ADSL y est en effet compensée par l’essor du très haut débit mobile et fixe, notamment via le déploiement accéléré de la fibre optique jusqu’au domicile (FTTH). Le marché marocain, saturé en termes de pénétration mobile, exige désormais des opérateurs qu’ils misent sur la qualité de service et les usages data pour maintenir leur chiffre d’affaires. Maroc Telecom semble y parvenir, soutenu par une politique d’investissement soutenue dans les infrastructures.
C’est pourtant du côté de l’Afrique subsaharienne que la dynamique est la plus spectaculaire. Les filiales Moov Africa voient leurs revenus bondir de 8,5 %, tirés par l’élargissement de la base clients – le groupe dépasse désormais les 76 millions d’abonnés, soit une hausse de 1,8 % sur un an – et par la montée en puissance de deux leviers: les données mobiles et le Mobile Money. Dans des pays comme le Niger, le Tchad, le Bénin ou le Gabon, où la banque mobile supplante encore largement les services financiers traditionnels, cette diversification permet à Maroc Telecom de capter une valeur ajoutée croissante. L’opérateur historique marocain, héritier de l’Office des postes et télécommunications, conforte ainsi sa position de champion régional face à des concurrents comme Orange ou MTN, tout en s’insérant dans les écosystèmes numériques francophones.
Cette trajectoire de croissance, couplée à une discipline financière affichée, ne doit pas occulter les défis à venir. La maîtrise des coûts, soulignée dans les communications officielles, reste cruciale alors que l’inflation et la pression sur les marges se font sentir sur plusieurs marchés africains. En outre, la concurrence dans le Mobile Money s’intensifie avec l’arrivée de nouveaux acteurs fintech, tandis que la régulation des télécommunications dans l’Union africaine tend à se durcir. Pour Maroc Telecom, l’enjeu sera de maintenir l’équilibre entre investissements lourds dans le très haut débit et rentabilité à court terme, tout en continuant à irriguer les économies subsahariennes de services numériques indispensables. Le premier trimestre 2026 montre que le groupe a trouvé un rythme de croisière ; reste à savoir s’il pourra l’accélérer sans perdre en qualité de service.
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