
Mélenchon brigue l'Élysée pour la quatrième fois, entre urgence et divisions à gauche
Jean‑Luc Mélenchon a officialisé, dimanche soir sur TF1, sa candidature à l’élection présidentielle de 2027. À soixante‑quatorze ans, le leader de La France insoumise entame son quatrième assaut contre l’Élysée, invoquant un impératif de clarté face à ce qu’il nomme « une saison très agitée de l’histoire du monde ». La menace d’une guerre généralisée, le dérèglement climatique et la crise économique annoncée forment, selon lui, le triptyque d’une urgence qui justifie sa présence.
Dans les rangs insoumis, la décision était attendue ; le parti l’a entérinée le jour même à Paris, et Mélenchon a conditionné son maintien à la collecte de cent cinquante mille parrainages citoyens, une formalité rééditée de 2022. La presse allemande, par la voix de la Frankfurter Allgemeine Zeitung, observe que le leader de la gauche radicale reste incontesté dans son mouvement, malgré les critiques internes sur son style autoritaire. La gauche française paraît néanmoins plus divisée que jamais : aucun candidat commun n’émerge, et les socialistes peinent à définir leur propre voie.
Depuis Moscou, le quotidien Kommersant souligne que Mélenchon désigne comme adversaire principal le Rassemblement national, que ce soit Jordan Bardella ou Marine Le Pen, et analyse sa stratégie comme une tentative de capter l’électorat désabusé par le macronisme. Le regard arabe, porté par le site marocain Hespress, insiste sur le caractère « non surprenant » de l’annonce et sur le poids des périls mondiaux dans le récit du candidat. Au‑delà du camp insoumis, la droite classique s’organise.
Bruno Retailleau, candidat des Républicains, bâtit son programme à travers une cinquantaine de groupes thématiques, promettant de « renverser la table » sur l’éducation, les retraites et la sécurité. Éric Zemmour, lui, assure que son parti Reconquête maintiendra un candidat « jusqu’au bout », laissant planer le doute sur sa propre participation, tandis que son entourage évoque une « grande consultation » populaire. Ces manœuvres multiples traduisent une fragmentation du paysage politique français, où aucun bloc ne parvient à s’imposer.
Le baromètre du Figaro, réalisé avec l’Ifop, montre que Mélenchon reste incontournable mais aussi rejeté par une large part de l’électorat, et que la sélection naturelle des candidats n’a pas encore eu lieu. La perspective d’un second tour opposant la gauche radicale à l’extrême droite, scénario plausible, ravive les craintes d’un affrontement idéologique total. Dans les chancelleries francophones – de Bruxelles à Abidjan en passant par Montréal –, ce scrutin est suivi avec attention, car il déterminera la posture de la France sur les enjeux climatiques et multilatéraux.
Mélenchon mise sur un discours de rupture et d’urgence planétaire, alors que le temps lui est compté et que l’unité de la gauche s’éloigne.
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