
Meloni réclame un négociateur unique pour l'UE dans le conflit ukrainien
La présidente du Conseil italienne défend une ligne de fermeté envers Moscou tout en plaidant pour une représentation européenne unifiée et pragmatique.
Dans ses communications au Parlement en vue du Conseil européen des 18 et 19 juin, Giorgia Meloni a réaffirmé le soutien indéfectible de l'Italie à l'Ukraine, tout en appelant à une refonte de la stratégie diplomatique européenne. La cheffe du gouvernement italien a insisté sur la nécessité de désigner une figure unique, investie de la confiance de tous les États membres, pour porter la voix de l'Union dans les négociations avec la Russie. Selon elle, la multiplication des formats de discussion – comme le récent sommet E3 à Londres sans l'Italie – affaiblit la position européenne et crée de la confusion. Cette proposition intervient alors que la guerre dure depuis plus de quatre ans, sans percée décisive sur le terrain, le front étant décrit comme « pratiquement gelé ».
Meloni a également souligné l'importance de maintenir la pression sur Moscou via les sanctions, tout en évitant une « cécité diplomatique ». Elle a plaidé pour une réflexion pragmatique sur les modalités d'interaction avec la Russie, estimant que l'Europe ne doit pas s'exclure des discussions qui la concernent directement. Cette position, qui concilie fermeté et ouverture au dialogue, reflète une volonté de ne pas laisser les grandes puissances – États-Unis, Chine ou même certains partenaires européens – dicter seules les termes de la paix. En parallèle, la présidente du Conseil a annoncé que l'Italie consacrera 2,8 % de son PIB à la défense, une hausse notable justifiée par les dépenses de sécurité intérieure.
Sur le dossier israélo-palestinien, Meloni a condamné les propos du ministre israélien Ben Gvir, jugés inacceptables, et a appelé à des sanctions contre les colons violents. Elle s'est opposée à la suspension de l'accord UE-Israël, estimant qu'une telle mesure punirait la société civile israélienne sans être productive. Cette prise de position s'inscrit dans une approche équilibrée, où l'Italie entend maintenir des canaux de dialogue tout en dénonçant les dérives. En toile de fond, la question de la guerre au Golfe reste en suspens, entre reprise des combats et stabilisation du cessez-le-feu, mais Meloni a tenu à préciser que l'Italie n'est pas partie prenante dans ce conflit.
Enfin, la présidente du Conseil a insisté sur la nécessité de renforcer les instruments de défense commerciale de l'UE, pour assurer une réciprocité dans les échanges. Alors que le sommet du G7 à Évian se profile, Meloni cherche à positionner l'Italie comme un acteur clé, capable de concilier fermeté stratégique et ouverture diplomatique. La proposition d'un négociateur unique pour l'Ukraine pourrait être un test de la capacité de l'UE à parler d'une seule voix face aux crises géopolitiques majeures.
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