
Menaces de Trump sur Cuba : une escalade militaire et économique sans précédent
Donald Trump a jeté un pavé dans la mare caribéenne en annonçant, lors d’une soirée de levée de fonds en Floride, que les États-Unis pourraient « prendre le contrôle de Cuba presque immédiatement » après avoir conclu leurs opérations en Iran. Cette déclaration, accompagnée de l’envoi du porte-avions USS Abraham Lincoln à une centaine de mètres des côtes cubaines, marque une intensification brutale de la pression américaine sur l’île. Dans la foulée, un décret exécutif a élargi les sanctions à tout étranger – personne physique ou morale – impliqué dans les secteurs de l’énergie, de la défense, des finances ou de la sécurité à Cuba, menaçant directement des entreprises turques, canadiennes ou européennes présentes sur place. La Havane a immédiatement haussé le ton, dénonçant une menace « dangereuse et sans précédent » et appelant la communauté internationale à se prononcer.
Cette escalade s’inscrit dans un calcul politique électoral, selon plusieurs observateurs latino-américains. Trump chercherait une « victoire courte, claire et historique » avant les élections, en ciblant un ennemi commode pour galvaniser l’électorat conservateur de Floride, où réside une influente communauté d’exilés cubains. De l’autre côté de l’Atlantique, les chancelleries européennes suivent avec inquiétude ces développements : des groupes comme l’italien Eni ou le français TotalEnergies pourraient voir leurs activités dans les Caraïbes compromises par l’extension extraterritoriale des sanctions. L’Union européenne, qui s’était déjà opposée au blocus américain, risque de se retrouver prise entre la défense de ses entreprises et la nécessité de maintenir des relations transatlantiques.
La réaction de la région a été immédiate. Le Mexique, via des voix officieuses, a rappelé les principes de non-intervention et de souveraineté, tandis que les pays de l’Alliance bolivarienne ont condamné ce qu’ils perçoivent comme un retour aux pires heures de l’impérialisme états-unien. Au Canada, où la minière Sherritt International exploite du nickel à Cuba, le gouvernement a émis une mise en garde discrète : les sanctions pourraient compromettre des investissements stratégiques. Mais c’est surtout à Cuba que la tension est maximale : le président Miguel Díaz-Canel a convoqué les forces armées et lancé un appel pathétique aux nations du Sud, dénonçant un « acte criminel » destiné à satisfaire « une poignée de riches et influents revanchards ».
Au-delà de la rhétorique, se profile un scénario aux conséquences régionales incalculables. Si la menace militaire reste pour l’instant verbale – le Pentagone n’a confirmé aucun déploiement offensif –, les sanctions économiques, elles, frappent déjà : les pannes d’électricité et la pénurie de carburant s’aggravent à La Havane, où la population, épuisée, tente de maintenir une vie malgré les pénuries. La communauté internationale, divisée entre la Chine et la Russie qui apportent un soutien diplomatique à Cuba, et les alliés occidentaux réticents à rompre avec Washington, semble impuissante. La question qui taraude les chancelleries est celle de la suite : Trump, enhardi par un éventuel succès iranien, passera-t-il à l’acte ? Ou son offensive n’est-elle qu’une posture électorale destinée à faire oublier les difficultés intérieures ? L’avenir immédiat de l’île se joue sur un fil, entre calculs électoraux et rapports de force géopolitiques.
Élargis ton regard
Washington évoque un accord imminent sur le détroit d’Ormuz, Téhéran dément toute négociation directe
6 langues · 52 sources
Depuis Economy & MarketsLa guerre au Proche-Orient propulse les bénéfices des majors pétrolières à des sommets
2 langues · 21 sources
Depuis TechnologyWashington exclut les modèles d’IA ouverts, y compris chinois, de son nouveau cadre de sécurité
3 langues · 11 sources