
Meurtres en série en Inde : l’insoluble toile des conflits familiaux et fonciers
L’arrestation d’un couple du Bengale pour le meurtre d’une professeure à Delhi illustre une vague de violences intrafamiliales motivées par des litiges immobiliers, jusqu’à une affaire impliquant un enseignant australien.
Le dénouement de l’assassinat d’une professeure de l’Université de Delhi, Debosmita Paul, est venu confirmer une mécanique glaçante : un couple originaire du Bengale-Occidental a parcouru 1 400 kilomètres jusqu’à la capitale pour exécuter un crime prémédité. Interpellés après une traque de trois jours, les suspects – Ramprasad et Banshree Das – nourrissaient un différend immobilier avec la victime, propriétaire d’un bien à Bardhaman. Leur voyage, reconstitué grâce aux caméras de vidéosurveillance et à la géolocalisation téléphonique, a mis en lumière une détermination froide : ils ont laissé leur enfant mineur dans l’immeuble avant de passer à l’acte.
Ce fait divers s’inscrit dans une série de drames où disputes de propriété et liens de sang s’entremêlent dangereusement. À Bengaluru, la mort suspecte d’une fillette de six ans a conduit à la mise en examen de sa mère, avocate, et d’un promoteur immobilier ; l’enquête explore le rôle d’un mariage secret et d’une séparation conflictuelle. Dans le microcosme de Gurgaon, un chef d’établissement et son fils adulte ont été abattus par le mari, employé comme agent de sécurité. La presse indienne – de The Hindu à India Today – rapporte ces épisodes avec une insistance qui interroge la banalisation des violences familiales reliées au foncier, en particulier dans un pays où le droit successoral reste source de tensions aiguës.
L’épisode de Delhi a bénéficié d’un écho international, notamment à travers les médias anglophones des Émirats arabes unis et d’Australie. Le quotidien Gulf News, lu dans une région où d’importantes communautés expatriées indiennes résident, a souligné le caractère exceptionnel du déplacement des suspects sur une si longue distance. La chaîne australienne 7NEWS a, quant à elle, mis en parallèle ce fait avec le meurtre d’un enseignant de Melbourne, Sunil Sharma, tué au Pendjab dans un complot ourdi par son propre frère pour s’approprier ses biens. Ce cadrage transnational révèle la crainte des diasporas devant la persistance de pratiques violentes liées à la terre, perçues comme archaïques par des sociétés occidentalisées.
Au-delà de l’émotion, ces affaires convergent vers une problématique systémique : l’incapacité de l’État indien à résorber les litiges fonciers autrement que par la sanction pénale a posteriori. L’Inde moderne, malgré sa croissance économique, peine à endiguer des logiques de vengeance clanique où l’immobilier devient prétexte à la liquidation physique. L’arrestation d’un couple accompagné d’un enfant sur les lieux du crime interroge aussi sur les failles de la protection de l’enfance. La couverture médiatique, abondante, oscille entre fait divers et réflexion de fond – une oscillation qui, à l’échelle de l’Asie du Sud, expose les lignes de fracture entre tradition et modernité juridique.
| Presse indienne et sud-asiatique | −0.10 | neutral |
|---|---|---|
| Presse du Golfe arabe | −0.30 | critical |
La police de Delhi a rapidement résolu le meurtre d'une professeure adjointe d'université, en arrêtant un couple du Bengale occidental accusé de l'avoir tuée pour un conflit de propriété. Les enquêteurs ont retracé le trajet de 1 400 kilomètres effectué par les deux accusés avec leur enfant mineur, laissé à l'extérieur de l'appartement avant l'attaque mortelle. L'affaire a été reconstituée grâce à la vidéosurveillance, au suivi téléphonique et aux registres ferroviaires.
Un conflit immobilier de plusieurs crores a poussé un couple du Bengale occidental à parcourir 1 400 km jusqu'à Delhi pour assassiner une professeure d'université dans son appartement fermé à clé. Après une enquête de trois jours impliquant plusieurs États, la police de Delhi a arrêté le mari et la femme, dévoilant un complot froidement calculé. L'affaire, reconstituée grâce à la vidéosurveillance et aux registres de taxis, a choqué les communautés expatriées par son mélange de cupidité et de minutie dans la préparation.
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