
Miami sous la menace des orages : Antonelli en pole, McLaren renaît et Colapinto impressionne
Le Grand Prix de Miami, quatrième manche du championnat du monde de Formule 1, a été avancé de trois heures ce dimanche pour échapper aux violents orages annoncés sur la Floride. Une décision rare, prise conjointement par la FIA, la FOM et les organisateurs, qui témoigne de la fébrilité d’un paddock confronté à un calendrier déjà bouleversé par l’annulation des épreuves de Bahreïn et d’Arabie saoudite en raison du conflit au Moyen-Orient. Ce report, de 16 heures à 13 heures locales, a contraint les équipes à une réorganisation logistique express, et a ajouté une couche d’incertitude à un week-end déjà riche en rebondissements sportifs.
Sur la piste, le jeune prodige italien Kimi Antonelli (Mercedes) a une fois de plus marqué l’histoire en décrochant sa troisième pole position consécutive – une performance qui n’avait plus été réalisée depuis Ayrton Senna en 1985 et Michael Schumacher en 1994. Le pilote de dix-neuf ans, qui domine le championnat avec 72 points, a dédié cet exploit à Alex Zanardi, décédé la veille. Derrière lui, Max Verstappen (Red Bull) a confirmé le renouveau de son équipe en arrachant la deuxième place, tandis que Charles Leclerc (Ferrari) complète la première ligne. Mais c’est du côté de la grille médiane que l’émotion a gagné l’Amérique latine : Franco Colapinto (Alpine) a signé le huitième temps des qualifications, devenant le premier Argentin à se hisser dans le top 10 de départ depuis quarante-quatre ans. Un résultat salué par tout le continent, d’autant que son coéquipier Pierre Gasly a été disqualifié après une infraction technique, propulsant Colapinto à la septième place sur la grille.
La course sprint, disputée samedi, avait déjà offert un avant-goût des rapports de force. Lando Norris (McLaren) a dominé de bout en bout, signant la première victoire de son équipe cette saison et brisant l’hégémonie de Mercedes. Son coéquipier Oscar Piastri a verrouillé le doublé, reléguant Leclerc au troisième rang. Ce retour en force de l’écurie de Woking, qui a profité de la pause pour affiner ses évolutions techniques, redistribue les cartes du championnat et promet une lutte à trois avec Mercedes et Ferrari. Du côté du peloton, Sergio Pérez (Cadillac) a vécu un week-end difficile, éliminé dès la Q1, tandis que les espoirs français reposent désormais sur Isack Hadjar (Red Bull), dont la neuvième place en qualifications reste menacée par une procédure de disqualification.
L’horizon immédiat reste assombri par les nuages. La menace de pluie persistante pourrait transformer la course en loterie stratégique, où la gestion des pneus et les choix de fenêtres de ravitaillement primeront. Pour Colapinto, l’objectif est clair : convertir son élan en premiers points, dans une Alpine qui a enfin trouvé un châssis compétitif. Mais au-delà de Miami, c’est toute la saison qui s’annonce indécise : les récentes modifications réglementaires, visant à réduire la dépendance au moteur électrique, ont rebattu les cartes. Entre la maturité précoce d’Antonelli, la résilience de Verstappen et la renaissance de McLaren, le championnat 2026 semble promis à une bataille serrée, où chaque grain de sable – ou chaque goutte de pluie – peut tout changer.
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