
Sheinbaum absente de l’investiture de De la Espriella, sur fond de tensions et de menaces sécuritaires
La présidente mexicaine a confirmé qu’elle ne se rendrait pas à Cali le 7 août, tandis que plusieurs chefs d’État de la « nouvelle droite » latino-américaine ont annoncé leur présence.
La présidente du Mexique, Claudia Sheinbaum, a confirmé le 5 août qu’elle n’assisterait pas à la cérémonie d’investiture du président élu colombien Abelardo de la Espriella, prévue le 7 août à Cali. « Va a ir alguien del gobierno, todavía no tenemos determinado quién va a estar ahí, pero habrá alguna representación », a-t-elle déclaré lors de sa conférence de presse quotidienne, selon plusieurs médias mexicains. Cette décision intervient après que M. De la Espriella a qualifié fin juin les cartels mexicains d’« objectif militaire » et promis de leur faire payer « goutte à goutte » le sang versé, propos auxquels Mme Sheinbaum avait répondu que chaque pays devait « s’occuper de sa partie ».
L’absence de la dirigeante mexicaine contraste avec la présence annoncée de plusieurs chefs d’État de la région, parmi lesquels Javier Milei (Argentine), Daniel Noboa (Équateur), Santiago Peña (Paraguay) ou encore José Raúl Mulino (Panama), ainsi que le roi Felipe VI d’Espagne. Le Brésil, dont le président Luiz Inácio Lula da Silva entretient des relations étroites avec le sortant Gustavo Petro, sera représenté par son ministre des Affaires étrangères, Mauro Vieira. Selon la presse brésilienne, Lula s’est entretenu avec M. Petro le 5 août pour le remercier de leur coopération, sans avoir eu de contact officiel avec le président élu. Les États-Unis, qui n’ont plus d’ambassadeur en titre à Bogotá depuis 2022, enverront une délégation conduite par le procureur général par intérim Todd Blanche et comprenant la directrice de la politique antidrogue et l’administrateur de la DEA, signe de l’importance accordée au volet sécuritaire.
La tenue de la cérémonie à Cali – une première hors de Bogotá à l’époque moderne – a fait l’objet de recours judiciaires. Le Conseil d’État a rejeté le 5 août une demande de suspension provisoire de l’élection, tout en admettant l’étude des recours contestant la double nationalité américaine et italienne de M. De la Espriella. Le même jour, le Congrès a défendu devant le Tribunal administratif de Cundinamarca la légalité du transfert temporaire de son siège, arguant que la demande de suspension ne démontrait pas de « menace grave et imminente ». Parallèlement, les autorités ont renforcé le dispositif de sécurité après l’interception, le 5 août, d’un autocar transportant 420 kilos de nitrate d’ammonium sur la route panaméricaine, un chargement attribué par les renseignements militaires à la dissidence des FARC dirigée par « Iván Mordisco » et destiné, selon les enquêteurs, à frapper durant les cérémonies.
L’investiture de M. De la Espriella, élu en juin après une campagne marquée par les tensions avec le président sortant Gustavo Petro – qui a dénoncé une « fraude électorale algorithmique » –, ouvre une nouvelle phase politique en Colombie. Le président élu a déjà annoncé la création de « blocs de sécurité urbaine » dans neuf villes et le possible retrait de la Nouvelle Route de la Soie chinoise, selon le candidat au poste d’ambassadeur américain Nate Morris. La cérémonie du 7 août, à laquelle sont attendus 6 000 invités et 11 100 membres des forces de l’ordre, devrait être suivie d’un premier conseil de sécurité dès le soir même.
| Presse latino-américaine | −0.20 | neutral |
|---|---|---|
| Presse atlantique / anglosphère | 0.00 | neutral |
Le Congrès a agi correctement en transférant le siège à Cali ; les mesures de sécurité sont adéquates et les absences sont des questions internes.
Le mécanisme consiste à équilibrer les nouvelles alarmantes avec des déclarations officielles rassurantes, créant un récit de contrôle malgré les tensions.
Nous rapportons les faits de sécurité sans prendre position politique, mais l'accent mis sur la menace terroriste justifie l'attention internationale.
Le mécanisme est la sécuritisation : isoler un aspect (la menace) et le présenter comme la question centrale, obscurcissant d'autres éléments.
Il omet les absences politiques et les controverses internes, ce qui réduirait l'urgence de la menace.
Élargis ton regard
La guerre au Proche-Orient propulse les bénéfices des majors pétrolières à des sommets
2 langues · 21 sources
Depuis TechnologyWashington exclut les modèles d’IA ouverts, y compris chinois, de son nouveau cadre de sécurité
3 langues · 11 sources
Depuis Science & HealthPremier essai humain d’un vaccin contre la souche Bundibugyo d’Ebola, alors que l’épidémie en RDC devient la plus meurtrière du pays
5 langues · 9 sources