
« Michael » triomphe au box-office mondial malgré la controverse, le cinéma indien résiste
Le raz-de-marée était annoncé, son ampleur a pourtant dépassé toutes les prévisions. Le biopic « Michael », consacré à la vie du roi de la pop, a pulvérisé les records lors de son premier week-end d'exploitation, engrangeant 97 millions de dollars en Amérique du Nord et plus de 217 millions de dollars à l'échelle planétaire. Ce démarrage relègue au second plan les précédentes références du genre, y compris le record détenu depuis 2015 par « Straight Outta Compton », qui plafonnait à 60,2 millions de dollars pour son lancement. L'attrait magnétique du mythe Jackson semble donc survivre à toutes les polémiques, confirmant la thèse d'une dissociation entre le verdict des critiques — largement négatives — et l'enthousiasme des foules.
La critique nord-américaine, quasi unanime, reproche au film réalisé par Antoine Fuqua d'escamoter les zones d'ombre du chanteur, en particulier les accusations d'abus sexuels sur mineurs qui ont entaché la fin de sa carrière. Selon les informations publiées par la presse spécialisée californienne, plusieurs séquences sensibles auraient été retranchées au montage : l'une montrait Jackson face à un miroir tandis que des gyrophares policiers clignotaient à l'arrière-plan, une autre reconstituait une perquisition du ranch de Neverland. Ce lissage scénaristique n'a pas dissuadé le public, qui plébiscite avant tout la performance de Jaafar Jackson, neveu de l'icône disparue, dont l'incarnation a été saluée comme une véritable résurrection artistique. La presse germanophone, sous la plume de la Neue Zürcher Zeitung, résume ce paradoxe en évoquant un film qui « n'est pas un coup de génie », mais dont les scènes de danse donnent à comprendre pourquoi cette figure frêle a pu envoûter les masses.
Dans le monde arabe, la réception fut plus nuancée. Une critique publiée sur CNN Arabic livre un témoignage personnel de déception profonde. L'auteure, qui confesse n'avoir jamais été une admiratrice fervente, espérait découvrir l'homme derrière l'artiste ; elle n'a trouvé qu'un récit trop lisse, peinant à restituer la complexité psychologique du personnage. Ce regard, émanant d'une journaliste spécialisée dans le cinéma arabe, rappelle que la perception du biopic varie considérablement selon les attentes culturelles et la sensibilité aux questions de mémoire et de réhabilitation posthume.
Pendant que la planète redécouvre le répertoire de Michael Jackson — ses titres classiques connaissent un regain spectaculaire dans les classements Billboard, alimenté par la synchronisation avec le film —, l'industrie cinématographique indienne livre une bataille plus silencieuse mais tout aussi révélatrice des dynamiques contemporaines. En Inde, le mastodonte « Dhurandhar 2 », porté par Ranveer Singh, continue sa moisson après trente-neuf jours d'exploitation, avec des recettes mondiales avoisinant 1 773 crores de roupies. Le film talonne désormais les monuments que sont « Baahubali 2 » et « Pushpa 2 », incarnant la résistance d'un cinéma hindi déterminé à rivaliser avec les productions hollywoodiennes sur son propre territoire. La sortie concomitante de « Bhooth Bangla », comédie d'horreur avec Akshay Kumar, a d'ailleurs franchi la barre symbolique des 100 crores de roupies en Inde, confirmant que le marché domestique sait encore faire émerger des succès face à la déferlante internationale.
La leçon des écrans, en ce printemps 2026, semble être celle d'une industrie mondialisée mais fracturée, où le triomphe d'un biopic taillé pour les foules occidentales ne tarit pas la créativité de Bombay ni l'appétit du public indien pour ses propres mythes cinématographiques, tandis que la réception différenciée du film, de l'Amérique du Nord à l'Europe germanophone en passant par le monde arabe, rappelle que la figure de Jackson demeure un prisme à travers lequel chaque région projette ses propres interrogations sur l'art, la morale et la mémoire collective.
Élargis ton regard
Iran et Oman finalisent un accord temporaire sur le détroit d’Ormuz, Washington sous pression
4 langues · 30 sources
Depuis Economy & MarketsProvisionnement en hausse : les banques émergentes entre expansion du crédit et dégradation des actifs
2 langues · 6 sources
Depuis TechnologyAmazon confirme une centrale à gaz géante au Texas pour ses data centers
5 langues · 10 sources