
Polluants éternels : Veolia innove aux États-Unis, le Valais face à un milliard d’euros de dépollution
L’usine de Delaware traite 30 millions de gallons par jour, tandis que le canton suisse prépare un assainissement long et coûteux.
L’ouverture, en 2025, d’une usine de filtration des PFAS par le français Veolia dans le Delaware marque une avancée technologique majeure dans la lutte contre ces « polluants éternels ». Capable de traiter trente millions de gallons d’eau par jour, cette installation incinère les composés per- et polyfluoroalkylés en brisant la liaison carbone-fluor, l’une des plus stables de la chimie. Le groupe, qui a déjà assaini plus de 7,6 milliards de mètres cubes d’eau l’an dernier, prévoit de déployer une centaine de sites similaires aux États-Unis dans les années à venir. Cette innovation industrielle, portée par un acteur européen, illustre la capacité d’adaptation face à une crise sanitaire mondiale.
De l’autre côté de l’Atlantique, le Valais suisse vit une tout autre réalité. Des concentrations de PFAS atteignant jusqu’à 5 000 nanogrammes par litre ont été détectées dans les eaux souterraines de Viège, Grône ou Monthey, bien au-delà des seuils d’assainissement. Le conseiller d’État Franz-Ruppen exprime une « inquiétude profonde » face à la persistance de ces substances, tandis que le Service de l’environnement en fait une « priorité absolue ». La dépollution des près de 1 400 sites contaminés – héritage d’une industrialisation sans cadre réglementaire – est estimée à un milliard de francs suisses et s’étalera jusqu’en 2045. Le contraste est saisissant avec la rapidité de l’intervention américaine.
Ce double visage de la gestion des PFAS renvoie à des dynamiques économiques divergentes. En septembre, le groupe italien Ferrero, fleuron de l’agroalimentaire européen, a investi 3,1 milliards de dollars dans le rachat de W.K. Kellogg, consolidant sa conquête du marché nord-américain. Cette acquisition, la plus coûteuse de son histoire, témoigne de l’appétit des capitaux du Vieux Continent pour les États-Unis. Mais l’exemple valaisan rappelle que l’essor industriel laisse des traces toxiques dont le coût, cette fois, ne se mesure pas en parts de marché mais en décennies de dépollution et en risques sanitaires.
L’avenir de la régulation des PFAS se jouera autant dans les laboratoires que dans les négociations internationales. La France, via Veolia, démontre qu’une solution technique existe, mais son déploiement reste inégal. Le Valais, pour sa part, incarne la lourdeur des héritages : chaque site contaminé exige des années d’expertise et des budgets colossaux. Alors que les seuils sanitaires se durcissent aux États-Unis et en Europe, la question n’est plus de savoir si l’on peut éliminer ces polluants, mais à quel prix et dans quels délais. L’urgence impose une coopération transatlantique que les intérêts économiques immédiats, comme ceux de Ferrero, risquent de freiner.
| Presse atlantique / anglosphère | +0.80 | aligned |
|---|---|---|
| Presse européenne continentale | −0.70 | critical |
Un géant français des services d'eau a ouvert une usine de pointe dans le Delaware, capable de filtrer et de détruire les PFAS à grande échelle. L'entreprise présente la technologie comme une avancée qui enlève le « éternel » aux « produits chimiques éternels », fournissant une eau potable sûre à plus de 100 000 personnes. Le ton est célébratif et confiant dans le progrès technique.
Dans le canton suisse du Valais, la contamination aux PFAS est une urgence sanitaire et environnementale de longue durée : les autorités estiment que l'assainissement des sites pollués coûtera jusqu'à un milliard de francs suisses d'ici 2045. Les responsables locaux expriment leur inquiétude face à la persistance des substances et aux risques pour la santé, tandis que de nouveaux sites contaminés apparaissent et que des interdictions de baignade et de pêche sont imposées. Le récit est alarmiste, critique envers l'héritage industriel et centré sur les difficultés de la dépollution.
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