
Ralentissement mexicain et reprise brésilienne : deux trajectoires économiques contrastées en Amérique latine
Le Mexique a subi une contraction de son PIB au premier trimestre, tandis que le Brésil affiche une croissance solide mais des signes de ralentissement en mars.
L’économie mexicaine a connu un début d’année difficile, avec une contraction trimestrielle du PIB de 0,8 % au premier trimestre, plus marquée que prévu, selon une estimation préliminaire de l’Instituto Nacional de Estadística y Geografía (INEGI). Ce recul, imputable à une baisse de 1,4 % du secteur agricole, de 1,1 % de l’industrie et de 0,6 % des services, contraste avec le léger rebond enregistré en avril : l’Indicateur opportun de l’activité économique (IOAE) affiche une progression mensuelle de 0,4 % et annuelle de 0,3 %. Cependant, la consommation privée, qui représente 72 % du PIB, ralentit nettement, passant d’une hausse annuelle de 1,6 % en mars à seulement 0,5 % en avril, selon l’Indicateur opportun de la consommation privée. Ce refroidissement de la demande intérieure inquiète les observateurs, d’autant que la reprise demeure inégale entre catégories de revenus.
Au Brésil, la dynamique est plus favorable sur le trimestre. L’indice IBC-Br de la Banque centrale a progressé de 1,3 % au premier trimestre par rapport au trimestre précédent, et de 1,8 % sur douze mois. Le Monitor do PIB de la Fondation Getulio Vargas confirme une croissance de 0,9 % sur la même période, tirée par l’ensemble des grands secteurs. Mais ce tableau optimiste est tempéré par un net repli en mars : l’IBC-Br a reculé de 0,7 % et le PIB mensuel de 0,6 %. Ce coup de frein reflète en partie les répercussions du conflit entre les États-Unis, Israël et l’Iran, qui a fait flamber les prix du pétrole et affecté l’économie brésilienne, pourtant exportatrice nette d’or noir. Le secteur des services, principal moteur de l’activité, montre des signes d’essoufflement.
Si les deux géants latino-américains empruntent des trajectoires opposées sur le trimestre, ils partagent des fragilités communes. Au Mexique, la faiblesse de la consommation et la contraction industrielle pèsent sur les perspectives, tandis qu’au Brésil, la volatilité externe et la décélération des services menacent la reprise. Les analystes régionaux s’interrogent sur la capacité des politiques monétaires – encore restrictives dans les deux pays – à soutenir l’activité face à une demande mondiale incertaine. Le second trimestre sera décisif pour confirmer si le rebond mexicain est durable et si le Brésil peut contenir les effets du choc pétrolier.
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