
Rubio au Vatican : mission de dégel après les tensions entre Trump et le pape Léon XIV
Le secrétaire d’État américain Marco Rubio s’apprête à fouler le sol romain pour une visite éclair de deux jours, du 7 au 8 mai, au Vatican et auprès du gouvernement italien. Cette démarche, confirmée par la Curie et la Farnesina, intervient après plusieurs semaines d’échanges acerbes entre la Maison-Blanche et le Saint-Siège, le président Donald Trump ayant qualifié le pape Léon XIV de « faible » et de « nul en politique étrangère ». Le pontife, premier Américain à occuper le trône de Pierre, s’était lui-même érigé en critique virulent de la guerre menée par les États-Unis et Israël contre l’Iran, ainsi que des mesures anti-immigration drastiques décrétées par l’administration républicaine. Au-delà du face-à-face avec le souverain pontife – le second en un an pour Rubio, après l’investiture de mai 2025 –, l’émissaire de Trump rencontrera le cardinal secrétaire d’État Pietro Parolin et les ministres italiens Antonio Tajani et Guido Crosetto, tandis qu’un entretien avec la présidente du Conseil Giorgia Meloni reste en suspens.
Côté italien, la visite est perçue comme une tentative de « désamorcer » une crise diplomatique inattendue, Meloni ayant été jusqu’ici l’une des plus fidèles alliées de Trump en Europe. La saillie présidentielle contre Rome, accusée de ne pas soutenir suffisamment l’effort de guerre iranien, a surpris une coalition déjà fragilisée par les tensions autour du retrait américain de 5 000 soldats d’Allemagne. Dans ce climat, le voyage de Rubio – catholique pratiquant – vise à rassurer à la fois le Vatican et le gouvernement italien, tout en maintenant la pression sur le dossier iranien. Les observateurs européens, de Berlin à Bruxelles, suivent l’évolution de ce ballet diplomatique avec attention : si le rapprochement américano-italien peut sembler naturel, les coups de boutoir trumpistes répétés risquent d’éroder la confiance d’alliés pourtant pragmatiques.
Au-delà du seul apaisement, cette mission illustre la fragilité des équilibres transatlantiques. Le Vatican, de son côté, cherche à préserver son rôle de médiateur moral face à un locataire de la Maison-Blanche coutumier des anathèmes. La rencontre de jeudi pourrait certes calmer le jeu, mais elle ne dissipe pas l’ombre portée d’une administration qui fait de la confrontation verbale une arme politique. Alors que le retrait américain de bases allemandes inquiète déjà les capitales européennes, l’issue de ce tête-à-tête déterminera si la diplomatie de la canonnière peut encore s’accommoder d’un allié pontifical critique.
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