
Sud-Liban : Naim Qassem enterre le cessez-le-feu et promet la victoire
Le chef du Hezbollah dénonce une « agression israélo-américaine » tandis que l’armée israélienne multiplie les frappes et ordonne l’évacuation de villages.
La trêve du 27 novembre n’est plus qu’un souvenir. Naim Qassem, secrétaire général du Hezbollah, a déclaré lundi qu’« il n’existe pas de cessez-le-feu au Liban, mais une agression israélo-américaine continue ». Ce déni frontal de l’accord, déjà mis à mal par des violations réciproques, intervient alors que l’armée israélienne a émis un nouvel ordre d’évacuation visant six localités du sud du pays, dont Nabatieh al-Fawqa et Qlaouiyeh. Les habitants doivent s’éloigner d’au moins un kilomètre de leurs foyers, sous la menace imminente de bombardements.
Côté israélien, l’état-major revendique l’élimination de dix combattants du Hezbollah au cours des dernières quarante-huit heures, dans le cadre d’« incidents dispersés ». Des sources militaires précisent que des unités d’élite ont détruit une plateforme de lancement de roquettes prête à l’emploi, ainsi que des infrastructures souterraines. L’aviation a riposté à un tir de missile antichar contre ses positions, sans faire de victimes. En représailles, l’armée israélienne a également visé des localités comme Kafra, Haris ou Bourj Qalaouiyeh, où quatre frappes consécutives ont été signalées.
Sur le terrain, l’armée libanaise a confirmé la blessure légère d’un officier et d’un soldat, pris pour cible alors qu’ils se déplaçaient en véhicule militaire près de Bint Jbeil. Cet incident, bien que limité, illustre la porosité de la ligne de démarcation et l’impossibilité pour les forces régulières d’assurer la sécurité dans la zone tampon que l’accord entendait établir. De son côté, le Hezbollah affirme avoir repéré une tentative de progression israélienne vers Zoutar ech-Charkiye, repoussée par des tirs d’armes légères et semi-lourdes.
À Téhéran, la presse conservatrice relaie les mises en garde de Naim Qassem, lequel refuse catégoriquement toute négociation directe avec Israël, qualifiée de « concession gratuite et sans fruit ». Pour lui, seul le canal indirect – qui avait permis l’accord maritime et la trêve de novembre – est légitime. Cette position reflète une lecture géopolitique plus large : Qassem y voit un piège tendu par Benyamin Netanyahou, désireux de « peindre une image de victoire », et par Donald Trump, qui chercherait un succès avant les élections de mi-mandat.
Dans les chancelleries européennes, l’inquiétude grandit face à l’enlisement du dispositif de désescalade. La France et l’Italie, qui contribuent à la Force intérimaire des Nations unies au Liban (FINUL), pressent les parties de respecter la résolution 1701. Mais l’administration américaine, absorbée par ses propres échéances, semble moins encline à intervenir. Alors que les raids s’intensifient et que les civils fuient à nouveau, le sud du Liban glisse vers une guerre d’usure dont l’issue demeure incertaine. La promesse de Qassem – « la résistance vaincra, inéluctablement » – sonne moins comme une prophétie que comme l’aveu d’une crise ouverte.
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