
Téhéran exécute un ancien employé du nucléaire accusé d'espionnage pour Israël
La République islamique d’Iran a procédé mercredi à l’exécution de Mehdi Farid, un ancien responsable de la défense passive et, selon des organisations non gouvernementales, un ex-employé de l’Organisation iranienne de l’énergie atomique. L’homme de cinquante-cinq ans a été pendu à l’aube dans un lieu non divulgué, après que la Cour suprême eut confirmé la sentence. Le pouvoir judiciaire iranien, cité par l’agence Mizan, l’accusait d’une « coopération extensive » avec le Mossad et d’avoir transmis des « informations sensibles » sur les infrastructures et le personnel de l’État. Cette mise à mort porte à quatorze le nombre de personnes exécutées depuis le début de la guerre avec les États-Unis et Israël, dans le cadre d’une répression qui s’est intensifiée après les manifestations de 2022 et la confrontation militaire de l’année dernière.
Du côté de Téhéran, l’exécution est présentée comme le fruit d’une procédure légale achevée, visant à neutraliser une menace sécuritaire. L’accusé aurait utilisé ses fonctions au sein d’une « organisation sensible » pour entrer en contact avec les services israéliens via les réseaux virtuels. Pourtant, des organisations de défense des droits humains basées en Norvège et en France, comme Hengaw et d’autres, contestent cette version. Selon elles, Mehdi Farid avait été arrêté en juin 2024 et jugé dans l’opacité la plus totale, sans que sa détention ne soit jamais rendue publique jusqu’à l’annonce de l’exécution. Ces groupes dénoncent une justice d’exception, où la peine capitale est utilisée comme outil de répression politique.
En Israël, l’affaire est perçue dans le contexte plus large de la guerre d’influence que se livrent les deux pays. Les analystes israéliens soulignent que ces exécutions massives — quatorze en quelques mois — témoignent moins d’une réelle efficacité antiespionnage que d’une volonté du régime de Téhéran de terroriser sa population et d’éliminer toute opposition interne. L’absence de transparence sur les preuves, souvent circonstancielles, renforce le scepticisme des chancelleries occidentales.
Du côté francophone, en Europe comme au Canada, la communauté diplomatique observe avec inquiétude cette escalade. La Belgique, tout comme la France, a déjà condamné par le passé le recours systématique à la peine de mort en Iran. Ces exécutions, souvent secrètes, interviennent alors que les pourparlers sur le nucléaire sont au point mort et que les tensions dans le détroit d’Ormuz — où les Gardiens de la révolution ont récemment attaqué trois navires marchands — ne cessent de croître.
À l’avenir, ce cycle répétitif d’exécutions risque d’isoler davantage Téhéran sur la scène internationale, sans pour autant affaiblir les réseaux de renseignement israéliens. La multiplication des pendaisons pour espionnage pourrait même devenir un prétexte pour justifier de nouvelles sanctions ou une réponse militaire, dans un Moyen-Orient où chaque exécution devient un acte politique aux répercussions régionales.
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