
Nouvel attentat suicide au Pakistan : neuf morts, Islamabad met en cause Kaboul
Un kamikaze à bord d’un pousse-pousse a tué neuf personnes dans le nord-ouest du Pakistan, ravivant les tensions avec l’Afghanistan taliban.
Un nouveau bain de sang a ensanglanté le nord-ouest du Pakistan, mardi 12 mai, lorsqu’un homme chargé d’explosifs a fait détoner sa charge au milieu d’un marché de Lakki Marwat, dans la province de Khyber Pakhtunkhwa. Les autorités locales rapportent un bilan d’au moins neuf morts et trente-quatre blessés. Selon la police, la cible première de l’attaque était deux agents de la circulation postés à un checkpoint, mais la majorité des victimes sont des passants pris dans le souffle. L’engin, dissimulé dans un rickshaw, témoigne d’une méthode déjà éprouvée par les groupes djihadistes de la région.
Cet attentat survient à peine quatre jours après une autre attaque d’envergure à Bannu, dans la même province, où un camion piégé avait explosé devant un poste de police avant que des assaillants n’ouvrent le feu, faisant quinze morts. Un groupe armé récemment apparu, se présentant comme une scission des talibans pakistanais (TTP), a revendiqué cette précédente opération. Face à la recrudescence des violences, le ministère pakistanais des Affaires étrangères a convoqué lundi le plus haut diplomate afghan en poste à Islamabad, accusant le régime taliban de Kaboul d’offrir un sanctuaire aux terroristes qui frappent le Pakistan. Ces accusations, récurrentes depuis le retour des talibans au pouvoir en Afghanistan, sont systématiquement démenties par les autorités afghanes, qui dénoncent une ingérence dans leurs affaires intérieures.
La presse scandinave, qui a largement couvert les deux attentats, souligne l’absence de toute réponse publique des capitales européennes, tandis que les chancelleries francophones – en particulier celles du Canada et de la Belgique – observent avec inquiétude la dégradation de la sécurité dans une région déjà fragilisée par l’instabilité afghane. En Afrique de l’Ouest, où des groupes affiliés aux talibans pakistanais ont essaimé, les analystes redoutent un effet de mimétisme. Le silence des institutions multilatérales contraste avec l’urgence d’une situation qui pourrait déstabiliser davantage la frontière entre les deux pays.
L’enchaînement des attaques interroge sur la capacité du gouvernement pakistanais à contenir une menace protéiforme, alors que les négociations de paix avec les TTP piétinent. La montée de groupes dissidents, plus radicaux encore, complique toute perspective de trêve. Dans ce contexte, les regards se tournent vers Kaboul : si les talibans afghans ne contrôlent pas pleinement leur territoire, ils peinent à convaincre Islamabad de leur bonne foi. Les prochaines semaines diront si la pression diplomatique suffira à endiguer une spirale meurtrière, ou si le conflit sombrera dans une confrontation régionale plus large, avec le risque d’un isolement accru du Pakistan sur la scène internationale.
| Presse du Golfe arabe | −0.40 | critical |
|---|---|---|
| Presse indienne et sud-asiatique | −0.50 | critical |
| Presse européenne continentale | −0.30 | critical |
| Presse atlantique / anglosphère | −0.40 | critical |
La presse du Golfe arabe présente l'attentat comme un nouvel épisode d'une spirale de violence qui menace la stabilité régionale. Elle souligne le lien avec l'Afghanistan, évoquant des tensions possibles entre les deux pays. Le ton est préoccupé mais factuel, mettant l'accent sur les victimes et la dynamique de l'explosion.
La presse indienne et sud-asiatique rapporte l'attentat avec un ton détaché et analytique, se concentrant sur les détails de l'explosion et les victimes. Elle note que l'attaque a eu lieu dans une zone déjà instable, mais sans emphase émotionnelle. Le récit est principalement factuel, avec des références aux enquêtes en cours.
La presse européenne continentale, en particulier nordique, présente l'attentat comme faisant partie d'une escalade de la violence impliquant l'Afghanistan voisin. Elle met en lumière la revendication par un groupe jihadiste et les accusations d'Islamabad contre Kaboul. Le ton est mesuré mais avec un sentiment d'urgence, soulignant les implications régionales.
La presse atlantique présente l'attentat comme un incident grave dans un contexte d'instabilité croissante au Pakistan, le liant directement à l'attaque du week-end. Elle donne de l'espace aux accusations pakistanaises contre l'Afghanistan et au déni de Kaboul. Le ton est préoccupé mais équilibré, avec un accent sur les dynamiques de sécurité régionale.
Élargis ton regard
Washington révoque le visa de l’ambassadrice du Brésil, Brasilia dénonce une ingérence électorale
3 langues · 43 sources
Depuis Economy & MarketsLa guerre au Proche-Orient propulse les bénéfices des majors pétrolières à des sommets
2 langues · 21 sources
Depuis TechnologyUn étage de fusée Falcon 9 de SpaceX s'écrase sur la Lune, confirmé par plusieurs observatoires
6 langues · 29 sources