
L’or en hausse hebdomadaire, les marchés parient sur une détente entre Washington et Téhéran
Malgré des échanges de tirs dans le Golfe, l’optimisme persiste quant à un cessez-le-feu durable entre Américains et Iraniens, ce qui allège les craintes inflationnistes.
Le métal jaune affiche une progression hebdomadaire significative, porté par un équilibre précaire entre tensions géopolitiques et espoirs de désescalade. Vendredi, l’once d’or se négociait autour de 4 720 dollars, en hausse de plus de 2 % depuis le début de la semaine, son meilleur rythme depuis fin mars. Cette embellie coïncide avec un reflux des craintes liées à l’inflation et aux taux d’intérêt, deux facteurs qui pèsent habituellement sur un actif sans rendement comme l’or. Les investisseurs semblent en effet considérer que le choc des prix provoqué par le conflit pourrait n’être que temporaire, à condition qu’un accord entre les États-Unis et l’Iran vienne stabiliser les marchés énergétiques.
Du côté du Golfe, la situation demeure pourtant ambivalente. Les deux puissances ont échangé des tirs jeudi dans ce que les observateurs décrivent comme le test le plus sérieux depuis l’entrée en vigueur, il y a un mois, d’un cessez-le-feu fragile. Téhéran a rapidement affirmé que « la situation était revenue à la normale », tandis que Washington assurait ne pas vouloir escalader le conflit. Ces déclarations, perçues comme un signe de retenue mutuelle, ont suffi à rassurer les opérateurs financiers. L’administration Trump, par la voix de son chef, a même renouvelé son appel à un accord nucléaire, tout en menaçant de nouvelles frappes en cas d’échec des négociations.
Dans ce contexte, les marchés asiatiques et européens ont intégré l’hypothèse d’une détente durable. En Inde et en Chine, deux grands consommateurs d’or, les importations restent soutenues, mais c’est surtout l’attitude des banques centrales qui capte l’attention. Plusieurs d’entre elles, notamment en Europe centrale et en Afrique, continuent d’accroître leurs réserves aurifères, signe que la confiance dans le dollar n’est pas totale. Sur le Vieux Continent, les analystes financiers soulignent que la baisse des prix du pétrole, conséquence directe de l’apaisement des tensions dans le Golfe, réduit la pression sur les banques centrales, lesquelles pourraient ainsi assouplir plus rapidement leur politique monétaire.
En Afrique francophone, où l’or est souvent considéré comme une valeur refuge face à l’instabilité des changes, la hausse actuelle réjouit les producteurs artisanaux mais inquiète les États importateurs. Le Canada, de son côté, observe avec attention l’évolution du marché, son secteur minier étant étroitement lié aux cours internationaux. Quant aux places financières belges, elles voient dans cette accalmie relative une opportunité de rééquilibrer les portefeuilles.
La semaine à venir s’annonce cruciale. Si les négociations entre Washington et Téhéran aboutissent à un accord formel, l’or pourrait perdre son statut de valeur refuge et corriger à la baisse. Mais en cas de nouvel incident militaire, le métal jaune retrouverait tout son attrait, les investisseurs cherchant alors à se prémunir contre une flambée des prix et une volatilité accrue. Le scénario d’une « paix armée » dans le Golfe semble pour l’instant le plus plausible, ce qui maintiendrait l’or dans une fourchette haute mais volatile.
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