
Trois meurtres, un même schéma : la violence conjugale meurtrière en Inde et dans la diaspora
Le rapatriement d’un expatrié tué à Charjah coïncide avec la découverte de deux féminicides en Inde, illustrant la persistance des violences liées aux conflits conjugaux et à la dépendance économique.
Le jeudi 11 juin 2026, le corps d’un expatrié indien assassiné à Charjah, dans les Émirats arabes unis, doit être rapatrié vers son État natal du Kerala, dans le sud de l’Inde. Selon son avocat, les autorités de l’émirat ont autorisé la restitution de la dépouille après les conclusions du département médico-légal. Le frère de la victime accompagnera le corps à bord d’un vol d’Air India Express. Ce drame, survenu à la suite d’une dispute liée à une vidéo TikTok, rappelle la vulnérabilité des travailleurs migrants dans les pays du Golfe, où les tensions personnelles peuvent basculer dans la violence extrême.
Le même jour, dans le nord de l’Inde, une autre affaire révèle les dynamiques mortifères au sein du couple. Une femme médecin de 37 ans, Dr Minakshi, a été retrouvée morte à son domicile de Jalandhar, au Pendjab. Son mari, ophtalmologue, a été inculpé pour incitation au suicide. D’après la plainte du père de la victime, la praticienne avait contracté un prêt de 3,5 millions de roupies pour financer l’hôpital privé de son époux, mais le couple vivait séparé depuis un an en raison d’infidélités présumées et de violences psychologiques et physiques. Ce cas met en lumière l’emprise financière qui peut piéger les femmes, même hautement qualifiées, dans des relations abusives.
À Chennai, dans le sud, une troisième tragédie s’est nouée aux premières heures de ce jeudi 11 juin. Une femme divorcée, Shanthi, a été poignardée à mort par son compagnon, N. Rajendran, avec qui elle vivait en union libre. Le meurtre fait suite à une dispute liée aux soupçons d’adultère de l’homme. Ce dernier s’est rendu au poste de police peu après. La récurrence des féminicides pour des motifs d’honneur ou de jalousie, d’un bout à l’autre du sous-continent, interroge sur l’efficacité des dispositifs de prévention et de protection.
Au-delà de leur simultanéité, ces trois affaires illustrent des ressorts communs : la violence comme résolution des conflits conjugaux, l’instrumentalisation de la dépendance économique, et la précarité des liens affectifs dans des sociétés où la pression sociale et familiale reste forte. Dans la diaspora indienne du Golfe, les migrants, souvent isolés, évoluent dans un cadre juridique qui peut limiter leurs recours. En Inde, malgré des lois plus protectrices, l’application reste défaillante. Pour les opinions publiques francophones, notamment en Afrique de l’Ouest où les violences fondées sur le genre demeurent un défi majeur, ces faits divers indiens résonnent comme un écho d’un combat universel. Les organisations de défense des droits des femmes appellent à un renforcement des mécanismes d’alerte et d’accompagnement, et à une remise en cause des normes patriarcales qui nourrissent ces drames.
| Presse du Golfe arabe | −0.20 | neutral |
|---|---|---|
| Presse indienne et sud-asiatique | −0.80 | critical |
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