
Trois touristes périssent dans le naufrage d’un bateau de pêche en Norvège, quatorze migrants portés disparus en Malaisie
Deux drames en mer endeuillent la fin de semaine : trois pêcheurs étrangers retrouvés morts au large de Smøla, et quatorze migrants indonésiens disparus au large de Pangkor.
La nuit de dimanche à lundi a été marquée par deux tragédies maritimes distinctes, l’une dans les eaux glacées de la Norvège occidentale, l’autre sous les tropiques malaisiens. Dans le premier cas, trois touristes étrangers, des hommes âgés de cinquante à soixante ans, ont été retrouvés sans vie après le chavirement de leur embarcation de plaisance au large de l’île de Smøla, dans la commune de Kristiansund. Selon les autorités norvégiennes, les victimes faisaient partie d’un groupe d’amis venus pêcher dans la région. L’alerte a été donnée vers une heure trente du matin, lorsque le groupe d’amis, logé dans des chalets voisins, a signalé leur absence. Les secours – hélicoptère et canot de sauvetage – ont localisé le bateau retourné et les corps flottant en mer vers quatre heures. La police norvégienne s’emploie désormais à contacter les familles des défunts, dont la nationalité n’a pas été divulguée, mais il a été précisé qu’aucun d’eux n’était suédois. L’enquête devra déterminer les causes du naufrage, possiblement liées aux caprices du climat nordique ou à une erreur de navigation, tandis que les autorités rappellent la nécessité d’une vigilance accrue pour les plaisanciers étrangers peu familiers des eaux norvégiennes, un message qui résonne au sein de l’espace Schengen où la libre circulation expose à des risques hétérogènes.
À des milliers de kilomètres de là, un autre drame maritime, d’une ampleur plus vaste, s’est joué au large de l’île de Pangkor, sur la côte ouest de la Malaisie. Un bateau transportant trente-sept migrants clandestins, partis de Kisaran, en Indonésie, a fait naufrage dans la nuit de dimanche à lundi. Selon l’Agence malaisienne de sécurité maritime (MMEA), vingt-trois personnes ont été secourues par un pêcheur local, mais quatorze autres demeurent portées disparues en fin de journée. Les recherches se poursuivent dans des conditions difficiles, tandis que les autorités tentent d’identifier les victimes, majoritairement indonésiennes. Ce naufrage s’inscrit dans le flux constant de traversées périlleuses entre l’archipel indonésien et la péninsule malaise, où des passeurs organisent des voyages clandestins vers des emplois précaires dans les plantations ou les chantiers. La région, pourtant régulièrement secouée par ce genre d’accidents, peine à mettre en place une coopération transfrontalière efficace, les politiques de dissuasion se heurtant à la persistance des inégalités économiques.
Ces deux événements, bien que de natures différentes – tourisme de loisir contre migration économique –, posent une question commune : celle de la régulation des embarcations non conformes dans des zones maritimes souvent imprévisibles. En Norvège, les autorités locales appellent à renforcer les contrôles sur les bateaux de location destinés aux étrangers, tandis qu’en Asie du Sud-Est, les ONG réclament des couloirs humanitaires pour éviter de nouveaux naufrages de migrants. L’Europe francophone, où la Belgique et le Canada observent avec inquiétude ces accidents récurrents, suit de près les évolutions réglementaires. Mais au-delà des mesures techniques, c’est la vulnérabilité de tous ceux qui se confient à la mer, qu’ils soient vacanciers ou exilés, qui interpelle : dans un monde globalisé, la mer reste un espace de risque partagé, que les États peinent à sécuriser.
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