
Un an de coalition noire-rouge : l'Allemagne dans l'impasse avec Merz
Un an après son accession à la chancellerie dans des circonstances déjà fragiles – élu au second tour, fait inédit dans l’histoire de la République fédérale –, Friedrich Merz gouverne une Allemagne qui ne croit plus en lui. Selon un récent sondage INSA, la coalition noire-rouge est encore moins populaire que l’exécrable tripartite d’Olaf Scholz. Près des trois quarts des citoyens jugent le gouvernement incapable d’agir. Ce n’est pas seulement une crise de popularité : c’est un discrédit profond qui gangrène le cœur de l’exécutif berlinois.
La presse germanique décrit une coalition rongée par les querelles internes. Le secrétaire général de la CDU, Carsten Linnemann, somme publiquement le SPD de prouver sa capacité de réforme, tandis que le chef des députés sociaux-démocrates, Matthias Miersch, met en doute la méthode Merz. Les médias suisses, dans une lecture plus distanciée, relèvent le désastre communicationnel permanent du chancelier : des propos maladroits sur la guerre en Iran, un dialogue citoyen où il rabroue une femme atteinte d’un cancer, et jusqu’à l’annonce – pourtant prévisible – du retrait partiel des troupes américaines, gérée avec une maladresse qui achève de dégrader sa crédibilité.
Les observateurs espagnols mettent l’accent sur le contraste entre la puissance économique escomptée et la réalité sociale. À Alexanderplatz, sous les voies ferrées, la pauvreté s’étale à deux pas de la porte de Brandebourg. Aucune réforme structurelle majeure n’a été engagée : le budget 2030, présenté avec un recours accru à l’endettement, accroît la pression sur l’État-providence sans relancer la croissance. La déception est d’autant plus vive que l’alternative populiste, l’AfD, progresse dans les sondages, capitalisant sur l’échec d’une coalition qui devait incarner la stabilité conservatrice.
Face à ce marasme, Merz semble chercher une issue personnelle. Il s’est invité au plateau de « Miosga » pour tenter un mea culpa télévisuel, tandis que son entourage évoque un « plan B » dont les contours restent flous. En coulisses, des scénarios de sortie sont déjà esquissés au sein de la CDU, certains envisageant une rupture avec le SPD avant la prochaine échéance électorale. Mais rien n’est moins sûr : l’Allemagne, pilier de la construction européenne, patine. Pour Paris, pour Bruxelles, cette paralysie allemande est une ombre portée sur l’avenir de l’Union.
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