
Un humanitaire britannique évacué de RDC vers Londres après une possible exposition à Ebola
L’agent, asymptomatique, est en isolement dans un hôpital londonien tandis que l’épidémie de la variante Bundibugyo a déjà causé près de 1 000 décès et que l’Africa CDC réclame 1,4 milliard de dollars pour la contenir.
Un travailleur humanitaire britannique a été médicalement évacué de la République démocratique du Congo (RDC) vers Londres à la suite d’une exposition potentielle au virus Ebola, ont annoncé les autorités sanitaires du Royaume-Uni. L’individu, qui participait à la riposte contre l’épidémie dans le cadre d’une organisation humanitaire, ne présente aucun symptôme et a été transporté sur un vol affrété uniquement pour cette évacuation, précisent l’Agence britannique de sécurité sanitaire (UKHSA) et le Home Office. Placé en isolement dans un hôpital spécialisé de la capitale, il sera surveillé pendant toute la durée d’incubation, qui peut aller de deux à vingt et un jours. L’UKHSA souligne qu’aucun cas confirmé d’Ebola n’est recensé sur le territoire britannique et que le risque pour la population générale reste faible, une mesure prise « par excès de prudence », selon Richard Pebody, directeur des épidémies et des infections émergentes à l’agence.
L’épidémie qui sévit en RDC depuis la mi-mai est provoquée par la variante Bundibugyo, contre laquelle il n’existe ni vaccin ni traitement spécifique, bien que l’Université d’Oxford s’apprête à lancer des essais cliniques sur un nouveau candidat-vaccin. Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), le pays comptait dimanche 2 423 cas confirmés et 967 décès confirmés, auxquels s’ajoutent 252 cas suspects. Le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, a qualifié cette flambée de « troisième plus grande épidémie d’Ebola jamais enregistrée », notant qu’elle a atteint le seuil des 2 000 cas en deux mois, contre dix mois lors de l’épidémie de 2018-2020. L’organisation onusienne estime que le bilan réel pourrait être au moins deux fois plus élevé, plus de 80 % des nouvelles infections étant détectées en dehors des listes de contacts connus.
La riposte est entravée par l’insécurité et la densité de population dans la province de l’Ituri, épicentre de l’épidémie qui concentre près de 90 % des cas, ainsi que par une grève des soignants de l’hôpital général de Bunia pour des arriérés de salaires. Le gestionnaire de l’incident à l’OMS, Thierno Balde, a distingué trois dynamiques de transmission : une intensité élevée autour de Bunia, de nouveaux foyers à Kisangani, Haut-Uele, Katwa et Butembo, et des signes de stabilisation à Mongbwalu et Goma. L’agence onusienne donne la priorité à l’extension des enterrements sécurisés, des systèmes d’orientation des malades et des capacités de prise en charge clinique dans les zones les plus actives. Parallèlement, le directeur général du Centre africain de contrôle et de prévention des maladies (Africa CDC), Jean Kaseya, a averti que l’épidémie « s’aggrave rapidement » et que les autorités sanitaires ne suivent qu’environ 8 500 personnes sur les près de 97 000 contacts qui devraient être surveillés.
Sur le plan régional, l’Ouganda voisin a notifié 20 cas et 2 décès, principalement parmi des ressortissants congolais, mais n’a plus enregistré de nouveau cas depuis trois semaines et a vu son dernier patient quitter l’hôpital le 16 juillet. S’appuyant sur ces données, l’Africa CDC a demandé à Washington de lever les restrictions de voyage imposées aux voyageurs en provenance de l’Ouganda, estimant que les pays ne devraient pas être « punis » pour leur transparence. Jean Kaseya a chiffré à 1,4 milliard de dollars les besoins financiers pour contenir l’épidémie, soit près de trois fois l’estimation initiale, alors que les pays africains n’ont pour l’instant promis qu’environ 110 millions de dollars. Les ministres africains de la santé, réunis en sommet à Accra, devaient adopter une feuille de route pour renforcer les systèmes de santé et améliorer la préparation aux épidémies.
| Presse atlantique / anglosphère | 0.00 | neutral |
|---|---|---|
| Presse africaine subsaharienne | −0.20 | neutral |
A UK humanitarian worker potentially exposed to Ebola in DRC is being monitored in London as a precaution. Health authorities emphasize no confirmed cases and very low public risk. The evacuation was arranged with full safety measures.
African health authorities call for lifting travel restrictions that hinder pandemic response, emphasizing early reporting and community-level action. The focus is on strengthening health systems rather than isolating affected countries.
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