
L'opération « Fureur épique » achevée, Washington mise sur la diplomatie à Ormuz
Les États-Unis déclarent terminée la phase offensive contre l’Iran. Marco Rubio annonce une opération défensive pour rouvrir le détroit d’Ormuz, tandis que les menaces de Trump persistent.
La Maison-Blanche a mis un terme à la phase offensive du conflit qui l’opposait à l’Iran. Mardi, le secrétaire d’État Marco Rubio a annoncé que l’opération « Fureur épique », lancée fin février, était « finie », ses objectifs atteints. Cette déclaration, assortie d’une notification au Congrès, permet à l’administration Trump de contourner l’obligation légale de solliciter une autorisation pour une guerre excédant soixante jours. Un cessez-le-feu fragile est en vigueur depuis le 7 avril, mais les hostilités n’ont pas totalement disparu du paysage stratégique.
L’heure est désormais à l’opération « Projet Liberté », qualifiée de défensive, qui vise à libérer les navires commerciaux bloqués dans le détroit d’Ormuz. Rubio a précisé que les forces américaines n’ouvriraient pas le feu sans provocation, mais qu’elles répondraient « avec une efficacité mortelle » en cas d’attaque. Une ambiguïté savamment entretenue, d’autant que le président Trump, quelques heures avant ces annonces, menaçait encore de « faire voler en éclats » l’Iran. Cette double lecture diplomatique et belliqueuse reflète la stratégie de pression maximale couplée à une recherche d’accord.
Du côté européen, la nouvelle suscite un mélange de soulagement et de prudence. Bruxelles, très dépendante du pétrole transitant par le golfe Persique, voit dans la fin des frappes une fenêtre pour une désescalade, mais redoute que le Projet Liberté ne se mue en une nouvelle confrontation navale. Paris et Berlin insistent sur la nécessité d’un cadre multilatéral, craignant que Washington n’impose ses conditions à Téhéran sans concertation. Les chancelleries du continent suivent de près les signaux iraniens, encore flous quant à une éventuelle reprise des négociations.
En Afrique francophone, où plusieurs États importent massivement des hydrocarbures via Ormuz, la stabilisation du détroit est un enjeu vital. Des pays comme la Côte d’Ivoire ou le Sénégal, déjà fragilisés par la flambée des prix, observent avec espoir l’annonce d’une phase défensive, tout en restant sceptiques sur la capacité de Washington à garantir une navigation libre sans heurts. Le Canada, pour sa part, salue tout effort diplomatique mais rappelle l’importance de préserver les équilibres régionaux, tandis que la Belgique appelle à un retour rapide au droit international maritime.
L’avenir immédiat se joue autour d’un mémorandum d’entente que Trump souhaite conclure avec Téhéran. Rubio a évoqué des sujets de « compréhension mutuelle », sans préciser le calendrier. Mais la menace persistante de représailles, couplée à la présence militaire américaine dans le Golfe, maintient une pression constante. La communauté internationale retient son souffle : la « paix » proclamée pourrait n’être qu’une trêve armée, et le Projet Liberté, un nouveau chapitre d’une confrontation aux conséquences énergétiques et géopolitiques mondiales.
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Trump suspend les frappes contre l’Iran, en attendant un accord rapide
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