
Washington élargit sa liste terroriste aux cartels de Juárez et Los Viagras
Les États-Unis ont officiellement désigné le cartel de Juárez et le groupe Los Viagras comme organisations terroristes étrangères, portant à huit le nombre de groupes criminels mexicains visés par cette classification.
Le Département d’État américain a annoncé, le 16 juillet 2025, l’inscription du cartel de Juárez et du groupe Los Viagras sur la liste des Organisations terroristes étrangères (FTO) et des Terroristes globaux spécialement désignés (SDGT). Cette décision, publiée au Registre fédéral, active immédiatement un gel des avoirs sous juridiction états-unienne, l’interdiction de toute transaction avec des personnes américaines et la possibilité de faciliter des actions répressives élargies. Elle s’inscrit dans une offensive plus vaste de l’administration Trump contre le crime organisé transnational en Amérique latine, après une première vague de six désignations similaires en février 2025 visant notamment les cartels de Sinaloa et Jalisco Nouvelle Génération.
Selon le Département d’État, ces deux groupes constituent des « cartels narcoterroristes violents » responsables d’attaques répétées contre des citoyens américains, les forces de sécurité mexicaines et des civils, en particulier le massacre de neuf membres de la famille LeBaron en 2019 dans l’État de Sonora, attribué à La Línea, faction dominante du cartel de Juárez. L’ambassadeur des États-Unis au Mexique, Ronald Johnson, a salué une mesure qui « réaffirme l’engagement du président Trump à démanteler les organisations narcoterroristes et tous les réseaux qui les soutiennent », tout en soulignant la coopération bilatérale pour « désarticuler le trafic de drogue, d’armes et d’autres activités illicites ». À Mexico, en revanche, le gouvernement de Claudia Sheinbaum réitère son opposition à toute intervention militaire unilatérale sur son territoire et défend une coopération respectueuse de la souveraineté nationale. Des juristes et organisations internationales, notamment en Europe, mettent en doute la validité juridique de l’amalgame entre narcotrafic et terrorisme, y voyant un risque d’extension contestable du droit de la guerre.
Concrètement, la désignation expose les entités et individus liés à ces groupes à des sanctions financières et les coupe du système bancaire américain. Elle offre aussi un cadre légal pour des opérations plus offensives, y compris des frappes militaires hors du territoire national, comme en témoignent les plus de deux cents morts lors d’attaques contre des navires suspectés de narcotrafic dans les Caraïbes et le Pacifique depuis septembre 2024. Le cartel de Juárez, qui contrôle le corridor stratégique de Ciudad Juárez-El Paso, et Los Viagras, enraciné dans le Michoacán, voient ainsi leurs capacités de financement et de mouvement directement ciblées. Le premier, allié au CJNG, est accusé de percevoir des droits de passage sur les routes de drogue et de participer au trafic de fentanyl ; le second, issu des soulèvements d’autodéfense de 2013-2014, pratique l’extorsion et la production de drogues synthétiques.
Cette extension de la liste terroriste s’inscrit dans une dynamique régionale : depuis février 2025, Washington a classé huit organisations mexicaines, auxquelles s’ajoutent des groupes vénézuéliens, colombiens, équatoriens et brésiliens. La frontière texane est particulièrement concernée, avec désormais trois cartels désignés opérant sur cet axe. Au Michoacán, Los Viagras rejoint deux autres groupes déjà listés, illustrant la fragmentation persistante de cet État. Le gouvernement mexicain, tout en poursuivant les extraditions et la coopération sécuritaire, maintient son refus de la qualification de « narcoterrorisme », perçue comme un prétexte à des ingérences. Le dossier reste ouvert : aucune nouvelle désignation n’est annoncée dans l’immédiat, mais la pression de Washington sur l’administration Sheinbaum devrait se poursuivre, notamment après les récentes inculpations de responsables de l’État de Sinaloa pour liens présumés avec le cartel du même nom.
| Presse latino-américaine | 0.00 | neutral |
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| Presse atlantique / anglosphère | 0.00 | neutral |
L'ambassadeur américain Ronald Johnson salue la désignation comme une étape nécessaire pour démanteler le narco-terrorisme, affirmant qu'avec le Mexique, ils démantèlent les réseaux criminels.
Donner la parole à l'ambassadeur américain en tant que figure autoritaire légitime l'action américaine comme un effort de coopération avec le Mexique, la présentant comme une mesure de sécurité partagée.
Le bloc omet toute réaction du gouvernement mexicain, qui pourrait exprimer des inquiétudes quant au caractère unilatéral de la décision américaine.
Le gouvernement américain annonce la désignation comme un fait accompli, soulignant la menace pour la sécurité nationale posée par les cartels à la frontière.
Présenter la désignation comme une simple annonce factuelle sans analyse crée une impression d'inévitabilité et de routine administrative.
Le bloc omet tout contexte historique ou détail opérationnel sur les cartels, ainsi que les réactions des autorités mexicaines.
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