
Washington et Téhéran ébauchent une trêve, sous le regard sceptique de Trump
Un mémorandum prolongerait le cessez-le-feu de 60 jours et rouvrirait le détroit d’Ormuz, mais Téhéran dément toute finalisation et Trump hésite.
Les capitales occidentales retiennent leur souffle. Après trois mois d’une guerre qui a embrasé le Golfe, négociateurs américains et iraniens seraient parvenus, selon des sources à Washington, à un accord-cadre visant à prolonger de soixante jours le fragile cessez-le-feu en vigueur depuis début avril, et à ouvrir des pourparlers sur l’avenir du programme nucléaire iranien. Pourtant, rien n’est fait : le texte, un mémorandum d’entente (MoU), doit encore recevoir l’aval du président Donald Trump, dont les déclarations restent attendues, et de la direction iranienne. L’annonce, d’abord rapportée par Axios et confirmée par la Maison Blanche, a immédiatement été tempérée par les déclarations prudentes du vice-président J.D. Vance, qui a évoqué des « points de langage » toujours en discussion, tout en reconnaissant des « progrès considérables ».
Du côté iranien, le ton est plus abrupt. L’agence semi-officielle Tasnim, proche des Gardiens de la révolution, a démenti avec force toute finalisation, affirmant que « le texte n’a pas été conclu » et que Téhéran informera le médiateur pakistanais — rôle clé dans ces tractations — une fois l’accord véritablement scellé. Ce démenti illustre les fractures au sein du régime et la méfiance persistante entre les deux ennemis. Les termes du projet, tels que divulgués, sont pourtant substantiels : l’Iran s’engagerait à ne pas chercher l’arme atomique, à remettre son stock d’uranium hautement enrichi et à déminer le détroit d’Ormuz sous trente jours, tandis que Washington lèverait progressivement le blocus naval et certaines sanctions. Mais les exigences américaines, rappelées par le secrétaire au Trésor Scott Bessent, restent fermes : Trump « ne signera pas un mauvais accord ».
L’analyse géopolitique nuance l’optimisme. Pour les observateurs européens, ce scénario rappelle les atermoiements de l’accord de Vienne de 2015, réduit à néant par le retrait américain en 2018. Du point de vue de Téhéran, l’accord consacrerait une résistance victorieuse face à la campagne de bombardements américano-israélienne, sans pour autant atteindre les objectifs initiaux de Washington : changement de régime ou capitulation nucléaire, note Gregory Brew, analyste à l’Eurasia Group. Les chancelleries africaines et asiatiques, dépendantes du transit pétrolier par Ormuz, suivent le dossier avec anxiété, tandis que la Chine, évoquée comme possible garant par un responsable iranien, pourrait se poser en médiateur alternatif.
La décision finale appartient à Donald Trump. L’annonce, selon la presse italienne, pourrait tomber dimanche. Mais le président américain, qui avait fait du « pétrole libre » un cri de ralliement, doit trancher entre l’attrait d’une victoire diplomatique et la pression de ses alliés du Golfe. En attendant, les armes ne se taisent pas : des drones iraniens ont visé une base américaine au Koweït, et les accusations mutuelles de violation du cessez-le-feu se multiplient. La paix reste un mirage suspendu à des signatures, dans une région où les mots pèsent autant que les bombes.
| Presse atlantique / anglosphère | −0.40 | critical |
|---|---|---|
| Presse européenne continentale | −0.30 | critical |
| Presse latino-américaine | +0.20 | neutral |
| Presse d'Asie du Sud-Est | −0.20 | neutral |
L'accord de cessez-le-feu en gestation est présenté comme une victoire stratégique pour l'Iran, qui a encaissé des semaines de bombardements, fermé le détroit d'Ormuz et ne le rouvre que par la négociation. Les objectifs de guerre américains restent lettre morte et les analystes préviennent que l'accord risque de légitimer le programme nucléaire iranien sans le démanteler.
Trump a passé des heures dans la Situation Room sans prendre de décision, tandis que Téhéran a immédiatement qualifié sa version de mélange de vérité et de mensonges. L'accord est présenté comme très proche, mais la signature finale reste en suspens, révélant un bras de fer chaotique entre Washington et Téhéran.
Après trois mois de guerre, Washington et Téhéran sont parvenus à un accord préliminaire pour prolonger le cessez-le-feu de 60 jours et garantir la libre circulation dans le détroit d'Ormuz. Ce mémorandum, qui n'attend plus que l'approbation finale du président Trump, est perçu comme un pas pragmatique vers la stabilisation de la région et la reprise des pourparlers nucléaires.
L'Iran a démenti que le mémorandum d'entente avec les États-Unis ait été finalisé, contredisant les informations des médias occidentaux. Des sources proches de l'équipe de négociation iranienne insistent sur le fait que le texte n'est pas encore complet et que Téhéran n'a pas informé le médiateur pakistanais d'un quelconque accord définitif.
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