
Le Département de la Justice retire les citations à comparaître des journalistes du New York Times
Face aux objections du juge fédéral Arun Subramanian, l'administration Trump a retiré les citations qui visaient trois journalistes du New York Times enquêtant sur l'Air Force One offert par le Qatar.
Le Département de la Justice des États-Unis a accepté, jeudi, de retirer les citations à comparaître délivrées à trois journalistes du New York Times, ainsi que les demandes de relevés téléphoniques les concernant, dans le cadre d'une enquête sur des fuites relatives à l'Air Force One offert par le Qatar. Cette décision fait suite à une audience devant le juge fédéral Arun Subramanian, à Manhattan, qui avait vivement contesté la procédure gouvernementale. Selon les comptes rendus d'audience, le juge a estimé que les citations violaient l'esprit de la loi, rappelant que « les citations sont la dernière étape, pas la première », en référence aux protections du Premier Amendement.
Lors de l'audience, le procureur Sean Buckley a d'abord résisté au retrait, proposant un simple sursis, avant de finalement annoncer que le gouvernement était prêt à retirer unilatéralement les citations. Il a reconnu que l'administration avait, par erreur, obtenu les relevés téléphoniques de proches des journalistes, dont un parent et des conjoints, en raison d'une confusion dans une base de données publique. Le juge Subramanian a également évoqué la possibilité de sanctions pour des déclarations inexactes faites au tribunal, ce que M. Buckley a qualifié d'erreur involontaire. Le porte-parole du Département de la Justice a imputé cette décision au juge, affirmant que ce dernier avait « menacé nos avocats de sanctions » et bloqué la présentation de l'enquête, tout en assurant que l'enquête sur les fuites se poursuivait.
De son côté, David McCraw, vice-président senior et avocat général adjoint du New York Times, a salué une « affirmation importante de l'engagement de notre pays en faveur d'une presse libre », tout en regrettant que ces citations n'auraient jamais dû être émises. Le journal avait déposé une requête pour les annuler, les qualifiant de tentative d'intimidation. Des organisations de défense de la presse, comme Reporters sans frontières, ont également salué cette issue comme une victoire pour le journalisme d'investigation. L'administration Trump, par la voix de ses procureurs, a maintenu que les journalistes n'étaient pas les cibles de l'enquête, mais que celle-ci visait à identifier les auteurs des fuites concernant des informations classifiées de défense nationale.
Cette affaire s'inscrit dans le contexte de la couverture par le New York Times des raisons pour lesquelles le président Trump a utilisé un ancien avion pour son retour du sommet de l'OTAN en Turquie, plutôt que le nouvel appareil offert par le Qatar. Les articles, citant des sources anonymes, indiquaient que le Secret Service avait recommandé ce changement en raison de l'absence de systèmes antimissiles sur le nouvel avion, une information survenue alors qu'un cessez-le-feu avec l'Iran s'effondrait. L'administration Trump avait dénoncé une « préoccupation substantielle de sécurité nationale » liée à ces fuites. Le juge Subramanian a suspendu l'exécution des citations en attendant l'audience de jeudi, et le gouvernement a finalement cédé. L'enquête sur les fuites, selon le Département de la Justice, reste en cours.
| Presse atlantique / anglosphère | −0.40 | critical |
|---|---|---|
| Presse européenne continentale | −0.60 | critical |
The Justice Department's decision to withdraw subpoenas to NYT journalists after the judge's criticism is portrayed as a routine procedural step. It emphasizes that the move avoids a legal confrontation, while acknowledging the ongoing tension between national security and press freedom.
The episode is seen as a dangerous attack on press freedom in the United States. The withdrawal of subpoenas is a victory for democracy, but the temptation to intimidate journalists remains alarming.
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