
Première conférence mondiale à Santa Marta : l’espoir d’une sortie réelle des fossiles
Alors que les négociations climatiques onusiennes s’enlisent dans des compromis stériles, un nouvel espace diplomatique vient de s’ouvrir à Santa Marta, sur la côte caribéenne de la Colombie. Du 24 au 29 avril, une cinquantaine de pays, des gouvernements régionaux et des experts de la société civile se réunissent pour la première Conférence mondiale sur la transition hors des énergies fossiles. Coparrainée par Bogotá et La Haye, cette « coalition des volontaires » entend tracer une feuille de route concrète pour abandonner le pétrole, le gaz et le charbon, là où les COP successives ont échoué à s’attaquer directement à la production même des combustibles. Le contexte géopolitique dramatique – la guerre en Iran et la fermeture du détroit d’Ormuz, qui ont provoqué la plus grave crise énergétique de l’histoire – donne à cette initiative une urgence nouvelle, mêlant pragmatisme et espoir.
Du côté de l’Amérique latine, la Colombie assume un rôle de pionnière en accueillant un sommet qui refuse d’attendre le consensus universel. Pour les pays du Sud, souvent les premières victimes du dérèglement climatique mais aussi parfois producteurs d’hydrocarbures, l’enjeu est de démontrer que la transition peut être juste et adaptée aux réalités locales. L’Europe, via les Pays-Bas – pays vulnérable à la montée des eaux et fortement impliqué dans la diplomatie climatique – apporte son expertise technique et son insistance sur la nécessité de mécanismes de financement solides. Cependant, des absences notables interrogent : l’Inde, grand émetteur et acteur clef des négociations, ne figure pas parmi les participants, tandis que les organisateurs affirment avoir invité les pays « disposés à s’engager de manière constructive ». Le Canada, pour sa part, n’est pas mentionné dans les sources, mais la chronique du quotidien québécois *Le Devoir* rappelle que, partout, les gouvernements cèdent au déni de responsabilité face à l’urgence – un constat qui résonne dans les capitales francophones d’Ottawa à Bruxelles.
Au-delà des listes d’invités, ce sommet de Santa Marta représente un tournant méthodologique : il ne s’agit plus de débattre de l’opportunité de la transition, mais de sa mise en œuvre concrète. Les expériences réussies de déploiement des renouvelables, notamment en Amérique latine et en Europe, seront partagées pour servir de modèles. L’échec de la COP30 brésilienne, en novembre 2025, a convaincu les organisateurs qu’il fallait sortir du cadre onusien trop large et des blocages systématiques. La question centrale devient : comment accompagner les pays producteurs vers une diversification économique sans provoquer d’effondrement social ? L’Afrique, très dépendante des revenus pétroliers dans plusieurs États, attend des garanties de solidarité financière. La conférence de Santa Marta, si elle parvient à esquisser une architecture de transition juste, pourrait offrir une alternative crédible aux impasses des grandes messes climatiques – et redonner un souffle à une ambition collective que les records de chaleur de 2026 rendent plus impérative que jamais.
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