
Vague de menaces de tueries dans les écoles : l’Amérique latine face à une psychose collective
La psychose des fusillades scolaires gagne l’Amérique latine. En l’espace d’une semaine, des menaces de tueries ont paralysé des établissements dans au moins six États mexicains – Chihuahua, Oaxaca, Michoacán, Tlaxcala, État de Mexico et Guerrero – ainsi que dans deux provinces argentines, Córdoba et Tucumán. Le phénomène, parti de messages anonymes griffonnés dans des toilettes ou diffusés sur les réseaux sociaux, a contraint les autorités à suspendre les cours dans plusieurs dizaines d’écoles, jetant l’émoi parmi les familles et les enseignants.
Au Mexique, l’épicentre se situe dans le nord du pays. Dans la municipalité de Aldama, au Chihuahua, 5 467 élèves de 35 établissements ont basculé en enseignement à distance après une escalade de violences liées au crime organisé et des alertes précises de fusillade. La décision, prise par la Secrétariat à l’éducation, illustre la porosité entre la guerre des cartels et la sécurité scolaire. Mais le phénomène n’épargne ni le sud ni le centre : à Oaxaca, des collèges de Bachilleres ont reçu des menaces écrites annonçant une attaque le 24 avril, tandis que des écoles de Tarímbaro (Michoacán) ou de l’État de Mexico ont fermé après des avertissements similaires. Dans tous ces cas, les autorités insistent sur le caractère non avéré des menaces, mais la crainte d’une imitation des tueries de masse états-uniennes – amplifiée par les défis viraux sur TikTok – pousse à la prudence.
L’Argentine n’est pas en reste. À Tucumán, six plaintes pour intimidations publiques ont été déposées en une seule matinée, déclenchées par des appels au 911, des publications en ligne et des tags dans les sanitaires. La police a activé des protocoles de sécurité tandis que la justice cherche les auteurs. À Córdoba, la réaction a été plus radicale : le gouvernement provincial impose désormais aux auteurs de fausses alertes le remboursement intégral des opérations de sécurité déployées – une mesure inédite qui vise à tarir le phénomène en frappant au portefeuille.
Cette vague coordonnée – ou imitative – révèle une fragilité systémique des systèmes éducatifs latino-américains face à la contamination des peurs globales. Les menaces, souvent anonymes, exploitent l’absence de filtres numériques et la porosité des établissements. À ce stade, aucune attaque réelle n’a été signalée, mais la paralysie administrative et la panique qu’elles engendrent pèsent lourd dans une région déjà secouée par la violence. La réponse de Córdoba pourrait préfigurer une tendance : criminaliser financièrement les fausses alertes, sans pour autant résoudre le malaise plus profond qui pousse des jeunes à semer la terreur dans les couloirs de leurs propres écoles.
Élargis ton regard
Washington évoque un accord imminent sur le détroit d’Ormuz, Téhéran dément toute négociation directe
6 langues · 52 sources
Depuis Economy & MarketsLa guerre au Proche-Orient propulse les bénéfices des majors pétrolières à des sommets
2 langues · 21 sources
Depuis TechnologyAprès presque dix ans d'attente, le Boeing 737 MAX 7 obtient sa certification
3 langues · 18 sources