
D4vd accusé de meurtre : la découverte de contenu pédopornographique aggrave le dossier
La découverte d’une « quantité importante » de fichiers pédopornographiques sur le téléphone et le compte iCloud du rappeur américain D4vd, révélée jeudi par le parquet de Los Angeles, ajoute une couche d’effroi à une affaire déjà glaçante. L’artiste de 21 ans, David Anthony Burke de son vrai nom, est accusé d’avoir assassiné et démembré Celeste Rivas Hernandez, une adolescente de 14 ans dont le corps en décomposition avait été retrouvé en septembre dernier dans le coffre de sa Tesla, abandonnée sur un parking d’Hollywood. L’enquête, qui avait simplement commencé par une saisie de routine dans une fourrière, a basculé en quelques jours vers une instruction tentaculaire pour meurtre, abus sexuels continus et mutilation de restes humains.
Selon le rapport du médecin légiste du comté de Los Angeles, rendu public le 22 avril, la jeune fille est morte de multiples lésions pénétrantes infligées par un objet pointu – un homicide qualifié dont les détails macabres étaient restés sous scellés pendant des mois à la demande des forces de l’ordre. La presse italienne, qui suit le dossier avec une intensité particulière, souligne que le corps était tellement décomposé que les enquêteurs n’ont pu déterminer la couleur de ses yeux. L’accusation affirme que D4vd entretenait une relation sexuelle avec la victime, relation qu’il aurait voulu dissimuler à tout prix pour préserver une carrière déjà suivie par près de quatre millions d’abonnés sur TikTok. Le meurtre, selon les procureurs, visait à empêcher l’adolescente d’exposer publiquement ces abus.
Les médias russes, citant l’enquête américaine, rapportent que les autorités ont collecté environ 40 téraoctets de données et mis en place des écoutes téléphoniques durant l’instruction. Ce volume colossal – qui inclut l’iPhone du suspect et ses sauvegardes iCloud – traduit l’ampleur d’une procédure tentaculaire, susceptible de déboucher sur de nouveaux chefs d’inculpation. Pour l’heure, les images pédopornographiques ont été présentées au tribunal, mais le chanteur n’est pas encore formellement poursuivi pour leur possession.
Du côté francophone, Radio-Canada relève que l’accusé encourt la réclusion à perpétuité incompressible, voire la peine de mort – une perspective qui ravive le malaise de l’opinion européenne face aux excès punitifs de la justice californienne. Au-delà des débats abolitionnistes, le choc tient surtout à la nature du crime et à ce qu’il révèle des failles d’une société du vedettariat éclair, où un jeune homme suivi par des millions de fans peut basculer dans l’indicible sans que les signaux d’alerte ne soient perçus à temps.
La défense, qui plaide non coupable, promet de contester vigoureusement les charges. Mais le dossier D4vd interroge désormais la responsabilité des plateformes et les mécanismes de détection précoce des comportements prédateurs. L’affaire pourrait inciter les législateurs californiens à renforcer la surveillance numérique des personnalités à forte audience, alors que les éléments enfouis sous quarante téraoctets de données n’ont pas suffi à protéger Celeste Rivas Hernandez. La question, lancinante, restera de savoir si cette accumulation d’indices ne dessine pas, au fond, un échec collectif bien plus grand qu’un simple fait divers.
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