
Guterres à Damas : première visite d’un chef de l’ONU depuis 2009, appel à l’aide internationale
Le secrétaire général des Nations unies a plaidé pour un soutien massif à la reconstruction de la Syrie et exigé le respect de sa souveraineté, notamment face aux incursions israéliennes.
Arrivé à Damas le samedi 25 juillet, le secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a effectué la première visite d’un chef de l’organisation en Syrie depuis celle de Ban Ki-moon en 2009, marquant un tournant dans les relations entre la communauté internationale et les nouvelles autorités issues de la chute de Bachar al-Assad en décembre 2024. Reçu par le président Ahmed al-Charaa et le ministre des Affaires étrangères Asaad al-Shaibani, M. Guterres a qualifié ce déplacement de « visite de solidarité » et affirmé que « les Nations unies se tiennent aux côtés de la Syrie à ce moment charnière », selon un message publié sur le réseau social X.
Lors d’une conférence de presse conjointe avec M. al-Shaibani, le secrétaire général a exhorté la communauté internationale à aider la Syrie, soulignant qu’« aucun pays qui émerge d’un conflit très grave ne se reconstruit seul ». Il a réaffirmé la position onusienne selon laquelle le Golan occupé est territoire syrien, et a jugé « totalement inacceptables » les violations de la souveraineté syrienne, en référence aux incursions et frappes israéliennes dans la zone tampon patrouillée par l’ONU depuis 1974. Le ministre syrien des Affaires étrangères a, pour sa part, décrit cette visite comme « une déclaration claire du passage de la Syrie au statut de partenaire actif des Nations unies », tout en insistant sur la priorité de la reconstruction et la nécessité de lever toutes les restrictions encore en vigueur.
Cette visite s’inscrit dans un contexte de réintégration progressive de la Syrie sur la scène internationale, après plus de treize années de guerre civile. Le gouvernement de M. al-Charaa, qui a rompu avec Al-Qaïda en 2016, cherche à rétablir des liens diplomatiques au-delà des alliés traditionnels du régime déchu, la Russie et l’Iran. Les États-Unis ont levé l’essentiel de leurs sanctions et le président Donald Trump a fait part de son intention de retirer la Syrie de la liste des États soutenant le terrorisme. Toutefois, la transition reste entachée par des flambées de violence confessionnelle : près de 1 500 alaouites ont été tués l’an dernier dans la région côtière, et des centaines de Druzes ont péri dans le sud, suscitant l’inquiétude de M. Guterres, qui a appelé à des comptes.
Le chef de l’ONU doit s’adresser lundi au nouveau Parlement syrien et se rendre auprès de la Force des Nations unies chargée d’observer le dégagement (FNUOD) sur le Golan. Selon son porte-parole, Stéphane Dujarric, il s’agit non seulement d’accompagner le relèvement du pays, mais aussi de « jeter les bases d’un avenir plus stable, plus inclusif et plus prospère pour tous les Syriens ». La visite, qui intervient quelques semaines après celle du président français Emmanuel Macron, confirme la volonté des capitales occidentales et des institutions multilatérales de conditionner leur soutien à l’édification d’institutions représentatives et au respect des minorités.
| Presse russe et CEI | +0.50 | aligned |
|---|---|---|
| Presse israélienne | −0.30 | critical |
| Presse du Golfe arabe | −0.20 | neutral |
| Presse atlantique / anglosphère | −0.40 | critical |
Guterres' visit is hailed as a diplomatic victory for Damascus, signaling the end of Syria's isolation. The call for reconstruction funds is framed as overdue recognition of Syrian sovereignty and Russia's role in stabilizing the region.
Guterres' call for reconstruction is viewed with deep suspicion, as it could empower Iran and its proxies in Syria. The visit is framed as a dangerous naivety that ignores the ongoing threat to Israel's security.
The Gulf press expresses caution: reconstruction must be tied to a genuine political transition, not a reward for Assad. Guterres' visit is seen as legitimizing a regime that used chemical weapons.
Guterres' plea is met with skepticism: without a credible political process, reconstruction money will prop up a war criminal. The West is wary of normalizing Assad without accountability.
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