
Australie et acier mondial : deux fronts du même renoncement climatique
L’Australie-Occidentale admet son incapacité à atteindre la neutralité carbone d’ici 2050, tandis que la production mondiale d’acier reste prisonnière du charbon.
L’aveu vient d’un rapport commandé par Woodside, le géant gazier australien, et réalisé par Deloitte : l’État d’Australie-Occidentale (WA) ne parviendra pas à atteindre la neutralité carbone en 2050, et ce même sans le projet contesté de gaz de Browse, d’un montant de 30 milliards de dollars. Loin de provoquer une prise de conscience, cette étude a été instrumentalisée par Woodside pour justifier l’expansion de ses infrastructures fossiles, arguant que le gaz permettrait de financer la transition énergétique. Le Premier ministre Roger Cook a lui-même assumé une hausse des émissions locales au nom du rôle « vertueux » de l’État dans la décarbonation mondiale — une rhétorique que les organisations écologistes locales qualifient de propagande industrielle.
Cette contradiction australienne n’est qu’un symptôme d’un phénomène planétaire : l’acier, dont la production génère 11 % des émissions humaines de gaz à effet de serre, continue de dépendre massivement du charbon. Selon le dernier rapport de Global Energy Monitor, les capacités des hauts fourneaux au charbon ont augmenté de 5 % en 2025, avec 319 millions de tonnes par an annoncées ou en construction, et une progression nette de 88 millions de tonnes attendue d’ici 2035. L’acier « vert », lui, n’a progressé que très marginalement.
Du point de vue européen, cette double inertie — australienne et sidérurgique — souligne l’écart croissant entre les discours climatiques et les réalités industrielles. La Belgique, le Canada ou encore les pays africains, souvent en première ligne des impacts climatiques, voient dans ces choix un renoncement collectif aux engagements de l’accord de Paris. L’avenir immédiat se joue dans la capacité des gouvernements à imposer des transformations structurelles plutôt que des ajustements cosmétiques.
Or, tant que des États comme l’Australie-Occidentale justifient leurs émissions par un prétendu service rendu au monde, et que l’industrie sidérurgique mondiale continue d’investir dans le charbon, la fenêtre d’action se referme inexorablement. La question n’est plus de savoir si les objectifs seront atteints, mais quel prix les sociétés paieront pour ce double rendez-vous manqué.
| Presse atlantique / anglosphère | −0.70 | critical |
|---|---|---|
| Presse européenne continentale | −0.50 | critical |
La presse progressiste atlantique dénonce l'hypocrisie du gouvernement d'Australie-Occidentale, qui admet manquer ses objectifs climatiques mais se justifie en disant aider le monde à décarboner. Elle souligne que le rapport commandé par Woodside sert à légitimer de nouveaux projets fossiles, alors que l'État reste la 'chaudière' de la planète. Le ton est amèrement ironique envers la rhétorique du 'global winner' du premier ministre.
La presse européenne continentale rapporte avec inquiétude les données de Global Energy Monitor, selon lesquelles la production mondiale d'acier reste fortement dépendante du charbon et les capacités d'acier 'vert' n'augmentent que lentement. L'accent est mis sur le chiffre technique : 319 millions de tonnes par an de nouveaux hauts fourneaux au charbon sont en construction ou annoncés. Le ton est alarmé mais mesuré, centré sur les implications pour le climat mondial.
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