
Bolivie : fin des blocages, état d’exception maintenu et clivages régionaux à l’OEA
La levée des barrages routiers après 53 jours de crise coïncide avec un soutien diplomatique de seize pays au gouvernement Paz et des débats à l’OEA sur la qualification des groupes criminels.
Le président bolivien Rodrigo Paz a annoncé mardi la fin des blocages routiers qui paralysaient le pays depuis le 1er mai, tout en confirmant le maintien de l’état d’exception décrété le 20 juin pour une durée de 90 jours. Selon l’Administradora Boliviana de Carreteras, aucun point de blocage n’était recensé sur le réseau national, une première après presque deux mois de perturbations ayant provoqué des pénuries de carburant, de médicaments et de denrées alimentaires dans plusieurs départements. Le gouvernement de La Paz considère que « le blocus a été vaincu » et entend utiliser ce régime juridique d’exception comme instrument de réorganisation du pays, tout en convoquant un « dialogue national pour l’unité ».
Les organisations mobilisées – syndicats, producteurs de coca et fédérations indigènes proches de l’ex-président Evo Morales – ont progressivement suspendu leurs actions. La Centrale ouvrière bolivienne (COB) a conclu un accord avec l’exécutif, tandis que les factions restées actives dans le Chapare, bastion de M. Morales, ont décrété une « pause » sans pour autant renoncer. Depuis cette région, l’ancien chef d’État, visé par un mandat d’arrêt dans une affaire présumée de traite de mineure qu’il dénonce comme une persécution politique, a accusé le gouvernement de mener le pays vers « une guerre civile » par sa politique néolibérale. Des analystes boliviens estiment que la pression de l’état d’exception a conduit à une dissolution pacifique des barrages, sans affrontement armé, et que l’opposition n’a pas atteint son objectif de déstabilisation.
Sur le plan diplomatique, une déclaration conjointe signée par seize États – dont les États-Unis, l’Argentine, le Canada, le Chili et le Pérou – a qualifié les blocages de « menace grave pour l’ordre constitutionnel et la stabilité démocratique » et a apporté un soutien explicite au gouvernement constitutionnellement élu. Ce texte, diffusé le même jour, s’inscrit dans un contexte régional plus large : à l’Assemblée générale de l’Organisation des États américains (OEA) réunie à Panama, le sous-secrétaire d’État américain Christopher Landau a appelé à une action plus résolue contre les organisations « terroristes » impliquées dans le trafic de fentanyl, tandis que l’organisation a adopté une déclaration condamnant la situation au Nicaragua, évoquant des possibles crimes contre l’humanité. En parallèle, le ministre brésilien des Affaires étrangères, Mauro Vieira, a mis en garde contre la tentation de requalifier les factions criminelles sous des étiquettes importées, estimant que cela « ne contribue pas à démanteler les réseaux » et peut servir de prétexte à des réponses ignorant la souveraineté des nations – une référence à la récente classification par Washington du PCC et du Comando Vermelho comme organisations terroristes étrangères.
La levée des barrages ouvre une phase de transition délicate pour La Paz, où la justice devra se prononcer sur les responsabilités pénales des organisateurs des blocages, tandis que l’économie, déjà en crise avant les manifestations, doit absorber les pertes chiffrées en milliards de dollars. Le gouvernement bolivien maintient l’état d’exception comme bouclier préventif, alors que les débats à l’OEA illustrent des lignes de fracture entre une approche nord-américaine privilégiant la qualification terroriste des groupes criminels et une position brésilienne défendant la coopération interétatique sans redéfinition unilatérale. La prochaine étape annoncée est la tenue d’un « dialogue national » en Bolivie, tandis que l’Assemblée générale de l’OEA poursuit ses travaux sur les crises démocratiques et sécuritaires du continent.
| Presse latino-américaine | −0.40 | critical |
|---|---|---|
| Presse européenne continentale | +0.10 | neutral |
The region watches with caution: stability is the priority, but militarization is not a lasting solution. The OAS should focus on social causes, not labels.
It contrasts the immediate need for order with underlying criticism, creating a tension between pragmatism and skepticism.
It omits the role of Bolivian armed forces in ensuring long-term security, as well as specific positions of OAS member states.
Europe watches from a distance: the issue is technical, not ideological. A clear legal definition for criminal groups is needed, and military control is an acceptable temporary measure.
It shifts the debate from the political to the legal plane, normalizing military intervention as a matter of public order.
It does not delve into local criticisms of militarization or the social implications of repression.
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