
Bolivie : Evo Morales déclaré en fuite, la justice ordonne son arrestation
L’ex-président bolivien, réfugié au Chapare, est accusé de traite d’une mineure. Le procès est suspendu jusqu’à sa comparution forcée.
Le tribunal de Tarija a franchi un cap décisif ce lundi en déclarant Evo Morales en état de rébellion pour son absence à l’audience d’ouverture du procès pour traite aggravée de personnes. L’ex-chef de l’État, qui a gouverné la Bolivie de 2006 à 2019, est accusé d’avoir eu une relation avec une adolescente de quinze ans et de l’avoir engrossée durant son mandat, tandis que les parents de la victime auraient consenti contre des avantages politiques et économiques. La juge Rosmery Ruiz a immédiatement ordonné la suspension des débats jusqu’à ce que l’accusé se présente ou soit appréhendé par la force publique, une décision qui ravive les tensions au sein d’un pays déjà fracturé.
Morales, retranché dans la région cocaïère du Chapare sous la protection de ses partisans, dénonce une « guerre juridique » orchestrée par le gouvernement de son successeur et ancien allié, Luis Arce. De La Paz à Buenos Aires, les observateurs soulignent que cette affaire s’inscrit dans une lutte de pouvoir entre le Movimiento al Socialismo et ses dissidences, alors que l’ex-président entend briguer un nouveau mandat malgré les obstacles judiciaires. Sur le plan régional, la décision de Tarija suscite des réserves : si des chancelleries européennes, notamment à Paris et à Bruxelles, rappellent le principe de présomption d’innocence, des voix africaines francophones, à Ouagadougou ou à Kinshasa, mettent en garde contre une instrumentalisation de la justice à des fins politiques.
Au-delà du sort judiciaire d’Evo Morales, c’est l’équilibre institutionnel bolivien qui est en jeu. Le parquet de Tarija affirme disposer de cent soixante-dix preuves, dont trente-neuf témoignages, mais la défense dénonce un procès bâclé. L’avenir immédiat dépendra de la capacité de l’État à exécuter le mandat d’arrêt sans déclencher une confrontation violente dans le bastion cocalero. Pour l’Amérique latine, ce feuilleton judiciaire rappelle que la transition post-néolibérale laisse des séquelles profondes, où le droit devient une arme autant qu’un rempart.
| Presse latino-américaine | −0.30 | critical |
|---|---|---|
| Presse européenne continentale | −0.50 | critical |
| Presse chinoise | −0.20 | neutral |
La presse latino-américaine progressiste présente l'affaire comme un acte judiciaire controversé, soulignant les déclarations d'Evo Morales qui réclame un procès impartial et nie chercher l'impunité. Son absence est dépeinte comme une protestation contre un système politisé, tandis que le tribunal prononce la contumace et le mandat d'arrêt. Le ton est critique envers le calendrier et les motivations de l'affaire, perçue comme une vendetta politique.
La presse européenne continentale rapporte l'information avec un ton détaché et factuel, se concentrant sur les développements judiciaires : la déclaration de contumace et le mandat d'arrêt contre Evo Morales, accusé de traite d'enfants pour une relation avec une adolescente de 15 ans. Le contexte politique tendu avec le président actuel est mentionné, mais l'accent reste sur la procédure judiciaire et les accusations spécifiques. Aucune position claire n'émerge, seulement un récit mesuré des événements.
Les médias d'État chinois rapportent l'information de manière sobre et factuelle, en se concentrant sur la déclaration de contumace et l'accusation de traite de mineurs. Le passé politique de Morales en tant que premier président indigène est mentionné, mais sans commentaire partisan. Le ton est neutre et descriptif, l'accent étant mis sur les aspects juridiques et procéduraux de l'affaire.
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