
Pakistan impose des restrictions sévères aux journalistes étrangers, notamment au Cachemire
Les nouvelles directives exigent un certificat de non-objection pour tout reportage hors d’Islamabad, Lahore et Karachi, suscitant l’inquiétude des défenseurs de la liberté de la presse.
Le ministère pakistanais de l’Information a publié les « Foreign Media Facilitation Guidelines, 2026 », imposant à tous les journalistes travaillant pour des médias étrangers – y compris les ressortissants pakistanais – l’obtention d’un certificat de non-objection (NOC) pour se déplacer et réaliser des reportages en dehors des trois grandes villes : Islamabad, Karachi et Lahore. Cette obligation s’étend à l’ensemble des collaborateurs, des fixeurs aux pigistes, même lorsqu’ils résident dans d’autres localités.
Le gouvernement justifie ces règles par la nécessité de « fournir un mécanisme administratif » afin de vérifier les professionnels des médias, de faciliter l’accès et de coordonner les exigences de reportage, selon le ministère cité par la BBC. Toutefois, les critiques dénoncent une entrave à la liberté de la presse. Le commentateur politique Mustafa Nawaz Khokhar estime que ces directives « équivalent à étouffer les médias internationaux dans un espace de plus en plus restreint ». Zaffar Abbas, rédacteur en chef du quotidien Dawn, les juge « ridicules et totalement inacceptables », rappelant n’avoir jamais vu de telles restrictions en quarante ans de carrière, y compris sous des régimes militaires.
Les directives prévoient que l’accréditation des journalistes peut être suspendue pour des actes « contre l’idéologie, la souveraineté, la sécurité ou l’ordre public du Pakistan », des notions jugées « vagues » et susceptibles d’être appliquées arbitrairement. L’obtention d’un NOC peut prendre des mois, voire ne jamais aboutir, ce qui entrave la couverture de l’actualité immédiate dans un pays de 240 millions d’habitants. En outre, ces règles s’appliquent à tous les collaborateurs, y compris les fixeurs et les pigistes, même s’ils résident en dehors des trois villes autorisées.
Ce durcissement intervient dans un contexte de répression de manifestations au Cachemire sous administration pakistanaise, où des dizaines de personnes ont été tuées, selon The Independent. Les autorités ont critiqué les reportages de la BBC et d’Al Jazeera sur la situation, accusant cette dernière de « journalisme à sensation » et de « reportage sélectif ». Le Pakistan, classé 153e sur 180 dans l’Indice mondial de la liberté de la presse, est formellement une démocratie mais son gouvernement est de facto contrôlé par l’armée, qui conditionne l’activité politique. Des organisations comme Amnesty International et le Comité pour la protection des journalistes (CPJ) ont exprimé leur inquiétude face aux restrictions imposées aux médias et aux allégations de disparitions forcées de journalistes.
Un groupe de journalistes internationaux et le président du Syndicat fédéral des journalistes du Pakistan tentent d’obtenir une rencontre avec le ministre de l’Information pour faire part de leurs préoccupations. En l’absence de cadre légal, ces directives, qui relèvent d’un simple arrêté exécutif, pourraient être contestées, selon un avocat de la Cour suprême cité par la BBC.
| Presse atlantique / anglosphère | −0.90 | critical |
|---|---|---|
| Presse indienne et sud-asiatique | −0.60 | critical |
| Presse européenne continentale | −0.40 | critical |
La communauté internationale de la liberté de la presse condamne les nouvelles restrictions pakistanaises comme une attaque directe contre les valeurs démocratiques.
En présentant les restrictions comme une violation des normes universelles de liberté de la presse, le récit élève une politique nationale au rang de problème mondial des droits de l'homme, la rendant moralement indéfendable.
La crise politique interne au Cachemire administré par le Pakistan et les allégations d'élections truquées ne sont pas abordées, se concentrant uniquement sur l'angle de la liberté de la presse.
Les manifestants du PoK et les critiques du Pakistan soulignent l'hypocrisie d'un gouvernement qui recherche le prestige international tout en réprimant la dissidence chez lui.
En juxtaposant la posture diplomatique du Pakistan avec sa répression interne, le récit expose une contradiction qui sape la crédibilité du gouvernement.
La dimension internationale de la liberté de la presse est minimisée au profit de l'accent mis sur la crise politique interne du Pakistan et les manifestations du PoK.
Un observateur neutre rapporte que le Pakistan a durci les règles pour les médias étrangers, notant que les restrictions sont significatives mais sans prendre position fermement.
En utilisant un langage factuel et en évitant les termes émotionnels, le récit présente les restrictions comme un changement de politique à noter plutôt qu'à condamner, maintenant une apparence d'objectivité.
Le contexte plus large des manifestations au PoK et les allégations de fraude électorale sont omis, se concentrant uniquement sur le changement réglementaire.
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