
Brésil : record de revenus en 2025, mais les inégalités et le fossé régional persistent
Le revenu moyen des Brésiliens atteint un sommet historique à 3 367 R$ par mois, mais l’indice de Gini remonte et les disparités régionales restent criantes.
Le Brésil a enregistré en 2025 un record historique de revenu moyen, atteignant 3 367 R$ par mois, soit une hausse de 5,4 % par rapport à l’année précédente, selon les données de l’IBGE. Ce quatrième exercice consécutif de progression signale une reprise économique robuste après la pandémie, portée par un marché du travail dynamique et une réduction de la dépendance aux programmes sociaux. Toutefois, ce tableau flatteur dissimule des fractures profondes. L’indice de Gini, qui mesure les inégalités, est repassé à 0,491, après avoir atteint son plus bas historique en 2024. Les 10 % les plus riches concentrent 40 % de la masse des revenus et gagnent en moyenne 13,8 fois plus que les 40 % les plus pauvres, dont le revenu plafonne à 663 R$ par mois.
Les disparités géographiques accentuent ce constat. Le District fédéral affiche un revenu par tête de 4 401 R$, soit le double de la moyenne nationale, tandis que quatorze États du Nord et du Nord-Est, comme le Maranhão ou la Bahia, ne dépassent pas la moitié de ce chiffre. À São Paulo, deuxième du classement avec 2 862 R$, l’écart témoigne d’un développement concentré dans le Centre-Ouest et le Sud-Est. Parallèlement, la part des foyers bénéficiant d’une aide fédérale est passée de 23,6 % à 22,7 %, signe que la croissance du travail formel commence à réduire la dépendance aux transferts sociaux – même si 18 millions de familles y recourent encore.
Cette dynamique brésilienne s’inscrit dans un contexte mondial contrasté. Aux États-Unis, la hausse vertigineuse des primes d’assurance habitation – 64 % entre 2021 et 2025 – et le coût d’accession à la propriété, qui exige désormais un revenu annuel de 120 000 dollars, illustrent une pression croissante sur les classes moyennes. En Inde, la transition du marché du travail reste inachevée : l’agriculture emploie encore une majorité de travailleurs, mais les inégalités de genre, de caste et de région persistent, tandis que le système scolaire peine à retenir les élèves au-delà du primaire. Ces exemples rappellent que la croissance des revenus, lorsqu’elle n’est pas accompagnée de politiques redistributives et d’investissements structurels, risque d’exacerber les déséquilibres sociaux.
Au Brésil, le défi à venir est de transformer cette embellie conjoncturelle en progrès durable. La légère remontée du Gini et la persistance d’un fossé entre régions et catégories sociales appellent à des réformes fiscales et à un renforcement des filets de protection, alors même que la réduction des aides publiques peut fragiliser les plus vulnérables. L’année 2025 restera comme celle d’un record, mais aussi comme un avertissement : sans une volonté politique de corriger les inégalités structurelles, la prospérité risque de rester l’apanage d’une minorité.
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