
Campagne électorale à Ekiti et crise interne au NDC : les deux visages de la politique nigériane
Tandis que le parti au pouvoir lance sa machine pour conserver l’État d’Ekiti, le Congrès démocratique du Nigeria peine à gérer les contestations nées de ses primaires, illustrant les tensions qui traversent le champ politique.
Le All Progressives Congress (APC), formation au pouvoir au Nigeria, a officiellement lancé son conseil de campagne pour l’élection gouvernorale de l’État d’Ekiti, prévue le 20 juin prochain. Lors de la cérémonie d’investiture à Abuja, le président national du parti, Nentawe Yilwatda, a exhorté les membres du conseil – présidé par le gouverneur de l’État de Kwara, AbdulRahman AbdulRazaq, et composé de gouverneurs, de législateurs et d’autres cadres – à mobiliser toute leur influence pour assurer la réélection du gouverneur sortant, Biodun Oyebanji. Ce déploiement précoce témoigne de la détermination de l’APC à verrouiller ce bastion, dans un calendrier électoral qui verra se succéder des scrutins locaux avant les échéances générales de 2027.
Pendant ce temps, à l’échelle nationale, le Congrès démocratique du Nigeria (NDC) est secoué par une contestation interne à la suite de ses primaires récemment conclues. Seriake Dickson, fondateur et leader du parti, a reconnu des « irrégularités notables » lors de l’exercice, tout en appelant les aspirants frustrés à la patience. S’exprimant sur la chaîne Arise TV, le sénateur a plaidé les circonstances de la jeune formation, qui doit composer avec une croissance rapide et des responsabilités grandissantes. Ces primaires, destinées à sélectionner les candidats pour les élections générales de 2027, ont également provoqué des remous au sein du Mouvement Obidient, qui soutient le candidat présidentiel du parti, Peter Obi – une frange qui accuse certains dirigeants du NDC d’hostilité et de collusion avec des membres du Parti travailliste.
Les observateurs à Lagos relèvent le contraste entre la discipline affichée par l’APC à Ekiti et les turbulences du NDC. Là où le parti présidentiel actionne sans heurts sa machine électorale, le NDC découvre les affres de la démocratie interne, un défi fréquent pour les nouvelles formations politiques sur un continent où les partis historiques peinent souvent à institutionnaliser leurs procédures. Pour autant, les deux événements soulignent une même réalité : le Nigeria est entré dans un cycle électoral quasi permanent, où chaque scrutin local devient un test pour les forces en présence et un laboratoire pour les stratégies nationales.
À l’approche du 20 juin, l’APC devra transformer sa démonstration de force en mobilisation effective dans un État où la participation électorale reste imprévisible. Quant au NDC, sa capacité à apaiser les dissensions et à rénover son processus de sélection déterminera sa crédibilité face à un électorat de plus en plus exigeant. Dans les deux cas, ces épisodes rappellent que la vitalité démocratique nigériane se joue autant dans la conquête du pouvoir que dans la gouvernance interne des partis.
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