
Cannes 2026 : entre éclat médiatique et polémiques, le regard des stars indiennes et arabes sur la Croisette
Tandis qu’Alia Bhatt réplique aux détracteurs qui l’accusaient d’être ignorée, l’Égyptienne Yasmin Sabri rayonne et le sari d’Aishwarya Rai resurgit. Retour sur un festival sous le signe des identités en quête de reconnaissance.
L’affaire aurait pu n’être qu’une simple péripétie du tapis rouge, mais elle a pris une ampleur inattendue. Alia Bhatt, actrice indienne et égérie mondiale de L’Oréal Paris, a dû faire face à une campagne de moqueries en ligne après qu’une vidéo l’a montrée saluant des photographes qui semblaient concentrés sur une autre célébrité. La presse indienne et les médias du Golfe ont relayé l’incident, certains internautes dénonçant un manque de reconnaissance de la part de la communauté internationale. La réponse de l’actrice, sous un post où elle arborait un sari blanc, a été cinglante : « Tu m’as remarquée », a-t-elle rétorqué à un commentateur qui regrettait qu’on ne l’ait pas assez regardée. Un trait d’esprit qui a aussitôt conquis les réseaux et recentré le débat autour de la visibilité des stars issues du sous-continent sur la scène occidentale.
Une tout autre atmosphère régnait du côté de la délégation égyptienne. La comédienne Yasmin Sabri a enchaîné trois apparitions remarquées sur la Croisette, chacune relevant d’une esthétique soignée. Les médias arabes, de Beyrouth au Caire, ont salué l’audace de ses choix. Sa pièce maîtresse : un fourreau doré sans bretelles, signé du Syrien Rami Al Ali, dont les franges vert d’eau ondoyaient dramatiquement sous les projecteurs. Une robe « hollywoodienne », a souligné la chronique de l’agence An-Nahar, qui a aussi relevé la présence d’un créateur libanais, Michael Cinco, pour une tenue blanche incrustée de pierres. Ces apparitions s’inscrivaient dans des événements officiels : le dîner L’Oréal en l’honneur de Jane Fonda et Gong Li, ou encore le cocktail de l’initiative « Les femmes dans le cinéma ». Autant d’occasions pour l’actrice d’incarner une certaine fierté arabe sur un plateau européen.
Cette quête de reconnaissance n’est pas nouvelle, et le public indien le sait mieux que personne. Alors que les débats entourant Alia Bhatt battaient leur plein, une image ancienne a resurgi : celle d’Aishwarya Rai, vêtue d’un sari jaune moutarde en Kanjeevaram, lors de la présentation de *Devdas* à Cannes en 2002. La presse indienne rappelle que ce cliché est devenu iconique, et il refait surface chaque année comme un étalon de l’élégance indienne sur la Croisette. La coïncidence n’est pas fortuite : Alia Bhatt elle-même avait évoqué quelques jours plus tôt l’héritage de sa compatriote, établissant une continuité générationnelle. Dans les récits indiens, ce retour du passé agit à la fois comme un hommage et comme un rappel des attentes contradictoires que le public place sur ses ambassadrices.
Regarder ces deux séquences en parallèle, c’est mesurer combien le festival de Cannes reste un théâtre de la reconnaissance symbolique. Pour les stars du Sud global, chaque apparition est une négociation entre l’affirmation d’une identité propre et les codes d’un Occident qui la regarde, la juge, ou parfois l’ignore. Les polémiques autour d’Alia Bhatt, aussi anecdotiques soient-elles, révèlent une soif de validation qui touche toute une industrie. En Égypte, en Inde, mais aussi dans la diaspora francophone – au Canada ou en Belgique –, ces débats résonnent comme les échos d’une même question : comment exister pleinement sur une scène qui n’a pas été conçue pour vous ? L’avenir dira si la diversité des tapis rouges deviendra une évidence ou restera un combat permanent.
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| Presse du Golfe arabe | +0.70 | aligned |
La presse indienne célèbre la réplique pleine d'esprit d'Alia Bhatt après avoir été trollée pour avoir été soi-disant ignorée sur le tapis rouge de Cannes. Sa réponse cinglante à un commentaire critique est saluée comme une victoire, renforçant la résilience et le pouvoir des stars de Bollywood. Le récit évoque aussi la nostalgie du look iconique d'Aishwarya Rai à Cannes en 2002, présentant le festival comme une scène pour le glamour durable de Bollywood.
La presse du Golfe met en avant les apparitions éclatantes de la star égyptienne Yasmine Sabri à Cannes, se concentrant sur ses trois tenues glamour. La couverture est purement célébrative, détaillant sa robe dorée à sequins et sa robe blanche, sans mentionner Alia Bhatt ni l'incident de troll. Le récit présente Sabri comme celle qui a volé la vedette dans les premiers jours du festival.
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