
Cannes 2026 : Palme d'honneur à Peter Jackson, retour de Del Toro et débat sur l'IA
Peter Jackson reçoit une Palme d'honneur et annonce un film Tintin, tandis que Guillermo del Toro célèbre les 20 ans du Labyrinthe de Pan. La 79e édition s'ouvre sur un ton politique et des débats sur l'IA.
La 79e édition du Festival de Cannes s'est ouverte mardi sur un hommage inattendu : Peter Jackson, chassé du palais en 1988 pour avoir porté un short, y a reçu une Palme d'or d'honneur des mains d'Elijah Wood, son Frodo. Le Néo-Zélandais, dont la trilogie du *Seigneur des anneaux* avait été révélée en 2001 à Cannes, a profité de sa masterclass pour évoquer son prochain projet : l'adaptation des aventures de Tintin, quinze ans après *Le Secret de La Licorne* de Steven Spielberg. Il a également livré une vision contrastée de l'intelligence artificielle, la qualifiant d'« effet spécial comme un autre » tout en redoutant, dans un élan plus sombre, qu'elle ne « détruise le monde ». Cette ambivalence a trouvé un écho dans les propos de Demi Moore, membre du jury, qui a appelé l'industrie à « collaborer » avec l'IA plutôt qu'à livrer un combat perdu d'avance.
Parallèlement, la soirée d'ouverture a été marquée par le retour de Guillermo del Toro, venu présenter la version restaurée en 4K du *Labyrinthe de faune*, vingt ans après sa première ovation de vingt-trois minutes. La presse latino-américaine, notamment mexicaine et colombienne, a salué ce moment comme l'un des plus forts du festival, le réalisateur affirmant que son film « est plus pertinent que jamais » dans le contexte politique mondial. La cérémonie, moins clinquante que les années précédentes, a vu l'actrice Jane Fonda rappeler que le cinéma est « un acte de résistance », tandis que la sélection officielle, dominée par des cinéastes européens et asiatiques – Pedro Almodóvar, James Gray, le Sud-Coréen Hong-Jin Na – confirme le retour à un cinéma d'auteur, loin des superproductions hollywoodiennes.
Mais c'est peut-être la question de l'intelligence artificielle qui a cristallisé les tensions les plus vives. Alors que la presse italienne et allemande souligne le pragmatisme de Jackson et Moore, des voix s'élèvent dans les rédactions arabophones et persanophones pour dénoncer une menace sur l'emploi et la création. Le festival, qui accueille un nombre record de participants au Marché du film – seize mille professionnels –, doit naviguer entre innovation technologique et défense d'un septième art en mutation. L'annonce d'un nouveau Tintin, héros emblématique de la bande dessinée belge, ravive l'espoir d'un cinéma d'animation artisanal, tandis que la présence de la chanteuse et actrice indienne Alia Bhatt sur le tapis rouge illustre la diversification géographique du festival. La Croisette, cette année, ne se contente pas de célébrer le passé : elle esquisse, dans l'incertitude, les contours d'un avenir où l'humain et la machine devront coexister.
| Presse latino-américaine | +0.20 | neutral |
|---|---|---|
| Presse européenne continentale | +0.40 | aligned |
| Presse iranienne et apparentée | +0.50 | aligned |
| Presse atlantique / anglosphère | +0.30 | aligned |
La presse latino-américaine a mis en avant la participation colombienne et le retour émouvant du 'Labyrinthe de Pan' de Guillermo del Toro. L'avis pragmatique de Demi Moore sur l'IA, bataille déjà perdue, a été largement relayé. La cérémonie d'ouverture a été décrite comme moins clinquante mais profondément cinématographique, avec la Palme d'honneur à Peter Jackson.
Les médias d'Europe continentale ont mis l'accent sur l'anecdote amusante de Peter Jackson, expulsé de Cannes en 1988 pour avoir porté un short. Sa Palme d'honneur et l'annonce d'un nouveau film Tintin ont été célébrées. Son optimisme prudent sur l'IA, qu'il considère comme un simple effet spécial, a été souligné avec une pointe de scepticisme.
La presse iranienne a présenté Cannes 2026 comme un retour au cinéma d'auteur, mettant l'accent sur les réalisateurs européens et asiatiques plutôt que sur les stars hollywoodiennes. La sélection du festival a été perçue comme un virage vers des œuvres sérieuses et indépendantes. Le ton était analytique et célébrant un rééquilibrage historique du paysage cinématographique.
Les médias atlantiques se sont concentrés sur l'annonce par Peter Jackson d'un nouveau film Tintin, réalisant une promesse vieille de 15 ans. Son embarras pour le retard a été noté, mais le projet a été présenté comme une étape naturelle. Le ton était simple et célébrant, traité comme une grande nouvelle de divertissement.
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