
Au Mexique, la querelle des clubs et de la sélection nationale menace les préparatifs du Mondial 2026
Alors que le Mexique s'apprête à coorganiser la Coupe du monde, une vive discorde entre la Fédération et les clubs de Liga MX a failli faire capoter le premier rassemblement du Tricolor.
L'orage s'est dissipé aussi vite qu'il avait grondé, mais il laisse des traces. Quelques minutes avant la tombée du couvre-feu fixé au Centre de haut rendement de Mexico, Jesús Gallardo et Alexis Vega, les deux joueurs du Toluca, se sont présentés. Leur arrivée in extremis a scellé la fin d'une crise qui, pendant quarante-huit heures, a placé le football mexicain sous tension, à trente-cinq jours du début de la Coupe du monde 2026. Les vingt convoqués par Javier Aguirre étaient désormais réunis. Pourtant, la veille, le sélectionneur avait lancé un ultimatum rare : tout joueur absent serait définitivement exclu de la liste mondiale.
L'étincelle était venue d'un accord passé entre la Fédération mexicaine et les clubs de Liga MX. Ceux-ci avaient obtenu que leurs internationaux puissent disputer les matches décisifs de la Liguilla et de la Ligue des champions de la CONCACAF avant de rejoindre la sélection. Mais quand Toluca, engagé en demi-finale de la Concachampions contre Los Angeles FC, a annoncé la présence de Gallardo et Vega à l'entraînement, Amaury Vergara, le propriétaire des Chivas, a répliqué avec force. Il a ordonné à ses cinq joueurs convoqués de quitter le rassemblement et de revenir au club, estimant que l'accord était rompu. Le geste a provoqué un choc d'autorité : la Fédération a répondu par un communiqué glacial, et Aguirre a brandi la menace de l'exclusion.
De l'autre côté de l'Atlantique, l'épisode a suscité l'amusement. Dans l'émission espagnole « El Chiringuito », les chroniqueurs ont ironisé sur l'injonction de Javier Aguirre – « tu dînes avec Aguirre ou tu ne vas pas au Mondial » –, tournant en dérision ce qu'ils perçoivent comme un mélange de discipline autoritaire et de cacophonie organisationnelle. Pour les observateurs européens, cette affaire révèle surtout la fragilité des mécanismes de coopération entre la Fédération et des clubs puissants, dont les intérêts économiques immédiats entrent en conflit avec les exigences d'une préparation internationale.
Au Mexique, l'issue du bras de fer a relégué la controverse au rang de « malentendu », selon les mots d'Ivar Sisniega, président de la FMF. Mais la défense publique d'Amaury Vergara par son joueur José Castillo, qui a salué la « contondance » du discours du dirigeant, montre que les rancœurs demeurent. Alors que les Chivas s'apprêtent à tenter une remontée face aux Tigres en quarts de finale du championnat, le temps perdu dans cette querelle soulève une question centrale : le Mexique, pays hôte, arrivera-t-il au départ du Mondial avec un groupe soudé, ou affaibli par les luttes d'influence entre le pouvoir fédéral et les propriétaires de clubs ? Les prochaines semaines diront si la trêve imposée ne fut qu'une pause tactique dans une bataille plus profonde.
Élargis ton regard
Washington évoque un accord imminent sur le détroit d’Ormuz, Téhéran dément toute négociation directe
6 langues · 52 sources
Depuis Economy & MarketsLa vague électrique transforme les ventes automobiles de juillet 2026
2 langues · 11 sources
Depuis TechnologyWashington exclut les modèles d’IA ouverts, y compris chinois, de son nouveau cadre de sécurité
3 langues · 11 sources