
Excédent budgétaire et trafic aérien : le Maroc confirme sa reprise au premier trimestre 2026
Le Trésor marocain a dégagé un excédent budgétaire de 5,1 milliards de dirhams à fin mars 2026, contre à peine 768 millions un an plus tôt. Cette embellie, portée par une hausse des recettes (+9 milliards) supérieure à celle des dépenses (+4,7 milliards), traduit une consolidation budgétaire inattendue dans un contexte international encore incertain. Elle s’inscrit dans une dynamique plus large où plusieurs indicateurs macroéconomiques et sectoriels dessinent les contours d’une reprise robuste, mais non exempte de tensions structurelles.
Dans le même temps, le groupe Maroc Telecom affiche un chiffre d’affaires consolidé en hausse de 5 % sur le trimestre, à 9,3 milliards de dirhams. Cette progression repose principalement sur les filiales Moov Africa, dont les revenus grimpent de 8,5 %, tandis que le marché domestique se stabilise (+0,7 %), soutenu par l’expansion du FTTH et de la data mobile. Pourtant, le bénéfice net part du groupe recule de 3,4 %, sous l’effet de la contribution sociale de solidarité. Ce paradoxe illustre un double mouvement : d’un côté, l’investissement dans les infrastructures très haut débit, au Maroc comme en Afrique subsaharienne, renforce la qualité des réseaux et élargit la base de clients – désormais plus de 76 millions ; de l’autre, la ponction fiscale pèse sur la rentabilité à court terme, rappelant que la croissance africaine, vitale pour l’opérateur, s’accompagne de contraintes réglementaires croissantes.
Le secteur aérien confirme cette vitalité : le trafic commercial dans les aéroports du Royaume a bondi de 11,15 % sur les trois premiers mois de l’année, avec près de 8,9 millions de passagers. L’aéroport Mohammed V concentre plus de 30 % du flux et enregistre une progression de près de 16 %, tandis que des plateformes régionales comme Béni Mellal (+31 %) ou Errachidia (+21 %) connaissent une croissance spectaculaire. Cette ventilation géographique témoigne d’un désenclavement progressif, porté par le développement des liaisons intérieures et l’attractivité touristique renouvelée des territoires.
De Rabat à Casablanca, ces signaux convergents – excédent budgétaire, performance des télécoms, envolée du trafic aérien – esquissent un tableau économique encourageant pour le Maroc, mais les analystes européens et francophones, notamment en Belgique et au Canada, soulignent la fragilité de cet équilibre. La croissance reste tirée par la demande intérieure et les investissements publics, alors que les exportations, exposées aux aléas climatiques et géopolitiques, peinent à suivre. À l’horizon des prochains trimestres, la maîtrise des dépenses et la diversification des revenus, notamment via l’Afrique subsaharienne, seront déterminantes pour éviter que les performances conjoncturelles ne masquent des déséquilibres plus profonds.
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